
Ce mardi et mercredi, l’auteur de bande dessinée Bastien Vivès sera jugé à Nanterre pour diffusion d’images de mineurs considérées comme pornographiques.
Deux jours de procès. Dès ce mardi, Bastien Vivès va comparaître devant le tribunal correctionnel de Nanterre après la publications de deux albums de bande dessinée sensibles publiés en 2018.
Publiées aux éditions Les Requins Marteaux et Glénat, également poursuivis pour diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique, les BD «La Décharge mentale» et «Petit Paul» seront au cœur du débat.
«Petit Paul» avait déjà fait l’objet de deux signalements en 2018 et en 2020, classés sans suite par le parquet de Nanterre. Le procès qui s’ouvre ce mardi est quant à lui lié à une plainte déposée par plusieurs associations de protection de l’enfance en 2023.
Cet ouvrage met en scène un mineur au pénis démesuré ayant des relations sexuelles avec des femmes majeures. À l’inverse, «La Décharge mentale» dépeint l’histoire d’un homme ayant des relations sexuelles avec des jeunes filles mineures.
Plusieurs autres œuvres de Bastien Vivès, dont «Les Melons de la colère» où plusieurs individus violent une adolescente, avaient déjà suscité l’indignation d’associations.
«Des faits réprimés par le code pénal»
Dans sa plainte, l’association Fondation pour l’enfance a dénoncé des «représentations de mineurs dans des situations sexuellement explicites, présentant indubitablement un caractère pornographique».
Pour Maître Cécile Astolfe, qui défend cette association, cette dernière a uniquement «signalé des faits réprimés par le code pénal dans le cadre de sa mission de protection de l’enfance».
Ainsi, «il est vain de tenter d’en faire une polémique sur le plan de la morale et d’une prétendue atteinte à la liberté d’expression et de création».
Selon elle, «c’est la stricte application de la loi : la représentation d’un mineur de moins de 15 ans présentant un caractère pornographique est interdite», a-t-elle conclu.
De son côté, l’avocat du dessinateur de 41 ans, Maître Richard Malka a affirmé à l’AFP qu’il «n’y a jamais eu aucune incitation et aucune apologie de la pédophilie par Bastien Vivès dans ses œuvres».
Il a également ajouté que ces associations considéraient «la fiction égale à la réalité», qu’elles ciblaient «la liberté artistique et la liberté d’expression» et que ce procès était «une porte ouverte sur l’obscurantisme».
Plusieurs témoins attendus
De nombreux témoins sont attendus au cours du procès, notamment du côté de la défense, comme la ministre de la Culture de l’époque, Françoise Nyssen, et le directeur de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Riss.
En 2023, le Festival international de la BD d’Angoulême avait déprogrammé une exposition consacrée à Bastien Vivès en raison de «menaces physiques» proférées contre lui.
Par ailleurs, en juin 2024, cinq personnes avaient été jugées pour menaces de mort ou violence sur l’auteur et avaient été condamnées par le tribunal correctionnel de Paris à des peines de prison avec sursis.