
Les 40.000 adhérents du Parti socialiste sont invités à se prononcer ce mardi quant à l’élection de leur Premier secrétaire, à l’occasion du congrès. Trois hommes se disputent ce poste, qui s’avère être central pour l’avenir de la gauche notamment pour les prochaines échéances.
Une bataille qui s’annonce rude. A partir de ce mardi, le congrès du PS débute par le premier tour du vote des militants. Celui-ci soulève beaucoup d’interrogations, tant l’écart s’annonce serrée entre les trois candidats qui lorgnent le poste de Premier secrétaire.
Ces derniers soumettront chacun un texte dit «d’orientation» aux 40.000 adhérents. Seuls les premiers signataires des deux courants arrivés en tête de ce scrutin se qualifieront pour un duel, le 5 juin prochain.
Olivier Faure
Premier secrétaire du Parti socialiste depuis 2018, Olivier Faure a participé à la reconstruction du PS à la suite de la défaite de Benoît Hamon en 2017 à la présidentielle.
Architecte de la NUPES, puis membre du Nouveau Front populaire, le député de Seine-et-Marne a contribué au retour d’un groupe conséquent d’élus à l’Assemblée nationale, passant de 31 en 2022, à 66 en 2024, au lendemain de la dissolution.
Olivier Faure met toutes ses forces dans la bataille pour défendre son bilan et l’union de la gauche non mélenchoniste pour 2027, avec en ligne de mire la prochaine présidentielle, où il se pose en potentiel candidat.
Le patron des socialistes multiplie, comme ses concurrents, les déplacements dans les fédérations socialistes, alors que le résultat du vote est plus que jamais incertain.
Avec pour objectif de défendre sa proposition d’une plateforme commune de la gauche non mélenchoniste, allant de Raphaël Glucksmann à François Ruffin, en vue d’une candidature commune pour 2027, mais sans Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, avec qui il a pris ses distances depuis plusieurs mois.
Nicolas Mayer-Rossignol
Le maire de Rouen (Seine-Maritime) entend bien renverser Olivier Faure qui l’avait battu d’une courte tête au congrès de Marseille.
L’édile, qui défend un «socialisme clairement à gauche», a pris la tête de la coalition opposée à Olivier Faure en fusionnant son courant avec celui de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, et celui des députés Philippe Brun et Jérôme Guedj.
Une liste également composée de la présidente d’Occitanie Carole Delga, le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane, et le patron des sénateurs Patrick Kanner.
Assurant ne pas être dans la revanche, l’édile résolument anti-LFI, explique que «c’est le dernier moment pour nous pour réorienter la gauche», en proposant le «changement contre le statu quo» et «la clarté» de la ligne face au «flou» de la direction sortante.
Nicolas Mayer-Rossignol prône la création d’un «grand Parti socialiste» avec un objectif de 100.000 adhérents, contre 39.800 actuellement, agrégeant «ceux qui sont au PS et ceux qui sont à l’extérieur», comme Raphaël Glucksmann, Benoît Hamon ou Bernard Cazeneuve.
Ce dernier a également reçu récemment le soutien de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin.
Boris Vallaud
Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale entend bien déjouer les pronostics face à ses deux concurrents Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol, en s’appuyant sur sa «capacité à rassembler» et sa volonté de «proposer des idées neuves» pour le parti.
Depuis qu’il s’est lancé dans la course, le chef des députés socialistes défend un congrès de «réconciliation» et de «doctrines», et a multiplié les propositions pour «remettre le parti au travail».
L’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée sous François Hollande se positionne comme le seul à pouvoir rassembler un parti fracturé depuis le précédent congrès de Marseille, où s’affrontaient déjà ses deux rivaux.
Avant de présenter son propre texte, il a tenté, en vain, de réunir ses concurrents dans un texte commun, arguant qu’ils avaient soldé l’essentiel de leurs différends en actant le divorce avec la France insoumise.