
Entouré de ses acteurs – anciens et nouveaux -, Cédric Klapisch dévoile ce jeudi son quinzième long-métrage, «La venue de l’avenir», présenté hors compétition au Festival de Cannes, en même temps que sa sortie au cinéma.
Même si ses films ont marqué des générations et enregistré plus de 17 millions d’entrées au box-office, Cédric Klapisch n’avait jamais été sélectionné au Festival de Cannes. C’est désormais chose faite. Ce jeudi 22 mai, le réalisateur de 63 ans foule le tapis rouge pour présenter hors-compétition son nouveau film, «La venue de l’avenir».
Ce long-métrage, qui sort en salles ce même jour, est un voyage dans le temps oscillant entre deux époques que le cinéaste fait dialoguer. En 2025, une trentaine de personnes qui ne se connaissent pas et qui n’ont – en apparence – rien en commun, sont convoquées et apprennent qu’ils sont tous les héritiers d’une certaine aïeule prénommée Adèle, dont la maison en Normandie laissée à l’abandon intéresse fortement des promoteurs immobiliers. Quatre de ces «cousins» sont mandatés pour se rendre sur place. C’est donc dans un TGV que nous faisons la connaissance de Seb (Abraham Wapler), un créateur de contenus en couple avec une mannequin, Céline (Julia Piaton), une ingénieure débordée, Abdel (Zinedine Soualem), un professeur de français au collège, et Guy (Vincent Macaigne), une apiculteur qui rejette tout discours capitaliste.
C’est une fois arrivés entre les murs d’une ruine où rien ne semble avoir bougé depuis des années, que ces personnages vont en apprendre davantage sur leurs origines, les liens qui les relient et cette ancêtre jouée par Suzanne Lindon que l’on suit, à l’aide de flashbacks dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Cette jeune femme tente de retrouver sa mère (Sara Giraudeau) et découvre une ville en pleine révolution industrielle et culturelle, avec une jeunesse pleine d’espoir incarnée à l’écran par Paul Kircher et Vassili Schneider.
Un enchaînement de clichés malgré un bon casting
Entre passé et présent, Cédric Klapisch entremêle les récits, s’essayant avec quelques maladresses au film d’époque et se moquant également de notre époque contemporaine où les réseaux sociaux font parfois perdre tout discernement. L’auteur du «Péril jeune» et de «L’auberge espagnole» évoque à travers ce nouveau film choral, les thèmes qui lui sont chers : la famille, l’héritage, la transmission et la jeunesse qu’il regarde toujours avec tendresse et affection. Une recette qu’il maîtrise parfaitement mais qui ne suffit pas.
«La venue de l’avenir» qui rend aussi hommage à la Ville Lumière, aux impressionnistes et à la naissance de la photographie et du cinéma, enchaîne trop souvent les clichés et perd en crédibilité avec une reconstitution idéalisée et pas toujours bien maîtrisée. Trop propre, trop lisse, trop mièvre, c’est peut-être le reproche que l’on peut faire à Cédric Klapisch avec ce quinzième long-métrage.
Cette fresque familiale et sociale offre néanmoins quelques moments drôles ou émouvants, notamment grâce à Cécile de France, parfaite en conservatrice de musée guindée, et Zinedine Soualem qui nous tire les larmes dans les dernières minutes du film. Face à ces acteurs fidèles au cinéma de Cédric Klapisch, on applaudit la performance d’Abraham Wapler, fils de la regrettée Valérie Benguigui, qui avec son allure à mi-chemin entre François Civil et Orelsan, campe un trentenaire ultra connecté en perte de repères, plus vrai que nature.