
Ce lundi 19 mai à 10 h, un collectif de victimes de Joël Le Scouarnec appelle à se rassembler devant le tribunal de Vannes pour dénoncer «le silence assourdissant» qui entoure ce procès pourtant hors norme.
Un rassemblement pour dénoncer le silence. Depuis le 24 février, le procès de l’ancien chirurgien Joël Le Scouarnec se tient à Vannes. Accusé de viols et d’agressions sexuelles sur 299 victimes, principalement des enfants et des mineurs, entre 1989 et 2014, alors qu’il exerçait dans plusieurs hôpitaux de l’ouest de la France, il risque jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
Déjà condamné en 2020 à quinze ans de prison pour des violences sexuelles sur quatre enfants, Joël Le Scouarnec a reconnu, le 20 mars dernier, pour la première fois, l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.
Et pourtant, depuis l’ouverture du procès, l’affaire fait étonnamment peu de bruit. Une omerta dénoncée le 15 mai dernier par un collectif de victimes, qui a publié un communiqué fustigeant «le silence» entourant ce procès. En réponse, ce collectif, qui rassemble une cinquantaine de victimes, appelle à un rassemblement à 10h ce lundi 19 mai devant le tribunal judiciaire de Vannes.
«Le silence continue d’étouffer nos voix, et l’inaction fabrique les victimes de demain», peut-on lire dans le communiqué. Le collectif entend faire entendre sa voix publiquement : «Notre objectif est clair : mettre fin à l’inaction, faire reconnaître les défaillances systémiques, et proposer des mesures concrètes. Ce procès, à défaut d’être celui du siècle, doit devenir un point de bascule.»
Les victimes dénoncent l’indifférence qui entoure le procès Le Scouarnec
Jusqu’à présent, les victimes s’étaient peu exprimées collectivement, convaincues que leurs «témoignages individuels et l’ampleur de l’affaire suffiraient à éveiller les consciences.» Mais à moins de deux semaines du verdict, elles déplorent l’«indifférence générale» qui entoure le procès.
Selon elles, cette affaire «aurait pu révéler les graves défaillances de nos institutions», mais «ne semble (pourtant) interpeller ni le gouvernement, ni le milieu médical, ni la société dans son ensemble». «On nous avait promis ‘le procès du siècle’. Pourtant, rien ne bouge : aucune leçon n’a été tirée, aucun acte concret n’a été posé», dénoncent-elles.
Les victimes pointent également l’«invisibilisation» dont elles estiment être la cible, alors que «d’autres affaires bénéficient d’une attention médiatique immédiate et suscitent des réponses politiques rapides».
Ce lundi, le collectif sera rejoint par l’association Mouv’enfants, qui lutte contre les violences faites aux enfants, pour tenter de faire bouger les choses et de faire réagir le gouvernement, ainsi que le corps médical et les Français.