
Alors que le second tour de la présidentielle en Roumanie a lieu dimanche, six mois après l’annulation du précédent scrutin, le candidat nationaliste George Simion a accusé Emmanuel Macron d’ingérence dans le processus électoral en l’accusant d’avoir des «tendances dictatoriales».
«Mon message est clair : Bas les pattes !». Ce samedi, le ton est monté, par messages interposés, entre le président de la République Emmanuel Macron et le candidat nationaliste roumain George Simion. Persuadé qu’il «sera dimanche le prochain président de Roumanie» malgré des sondages annonçant un duel serré, George Simion a profité d’un passage à Paris et d’une rencontre avec l’eurodéputée Marion Maréchal pour répondre au chef d’État français qui a dénoncé des «ingérences» dans les élections à venir en Europe.
«Vous n’êtes pas un empereur, vous n’êtes même pas aimé par le peuple français, donc ces attaques et la manière dont vous essayez (…) de vous immiscer dans nos élections ne sont pas ce que nous devrions faire dans une Europe unie», a asséné le nationaliste de 38 ans au président français lors d’une conférence de presse impromptue, diffusée en direct sur son compte Facebook.
Souverainiste et fan de Donald Trump, le chef de file du parti nationaliste AUR (Alliance pour l’unité des Roumains), a dénoncé des «tendances dictatoriales» du locataire de l’Élysée, allant jusqu’à comparer la France à l’Iran. Une colère envers Emmanuel Macron et le gouvernement tricolore qui trouve sa genèse dans l’annulation du scrutin du 24 novembre, invalidé en raison de soupçons d’ingérence russe. L’extrême droite roumaine avait alors pointé du doigt le rôle de l’Élysée et de Bruxelles.
Un duel serré au second tour
Six mois après ce «coup d’État» ayant «humilié le peuple roumain» selon les mots de George Simion, revoilà le nationaliste au départ de l’élection suprême. Et il faut dire que les résultats du premier tour du scrutin le 4 mai lui inspirent confiance. Avec 41% des suffrages exprimés, le «Trump roumain» s’avance comme le grand favori.
Tout de même, les sondages annoncent une bataille difficile au second tour face à son rival pro-européen de 55 ans, le maire de Bucarest, mathématicien diplômé de l’université de Sorbonne, Nicusor Dan, soutenu par Emmanuel Macron.
«Malgré le soutien d’Emmanuel Macron à mon adversaire, dimanche, je serai le prochain président de Roumanie», s’est vanté George Simion. «Je ne suis pas nerveux. Les résultats ne font pas de doute si l’élection est libre et juste», a-t-il ajouté, mettant en garde contre le risque de «fraudes massives».