
Dans la nuit du jeudi au vendredi 16 mai, dix détenus réputés dangereux se sont évadés d’une prison de Louisiane. Avant de prendre la fuite, ils ont tenu à laisser un message provocateur à l’attention du personnel pénitentiaire.
Chasse à l’homme à la Nouvelle-Orléans (NOLA). Dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 mai dix prisonniers se sont échappés d’un centre pénitentiaire de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, laissant derrière eux une série de graffitis railleurs destinés au personnel de la prison.
Selon les autorités, les fugitifs, considérés comme violents, ont réussi à s’échapper en passant par un petit trou dans le mur dissimulé derrière les toilettes de leur cellule. Cette ouverture menait à une zone de maintenance, leur permettant ensuite d’escalader un mur et de sortir de l’établissement pénitentiaire, d’après la chaîne locale WVUE.
C’est lors du comptage matinal, vers 8h30 vendredi, que l’évasion a été constatée. La shérif de la ville, Susan Huston, a révélé en conférence de presse que les détenus étaient déjà en fuite depuis plus de huit heures lorsque l’alerte a été donnée.
Avant de disparaître, les évadés ont pris soin de laisser plusieurs messages moqueurs sur un mur, juste au-dessus de l’ouverture utilisée pour s’échapper. Parmi les inscriptions, mal orthographiées, on pouvait lire : «To Easy LOL» («Trop facile, LOL»), «I’m/We Innocent» («Je suis/Nous sommes innocents») ou encore «Attrapez-nous quand vous le pouvez». L’un des graffitis affichait également l’expression «Most Hated 9» («Le plus détesté 9») accompagnée d’un smiley grossier tirant la langue.
10 prisoners ESCAPE VIA TOILET HOLE!
The authorities hint that prison guards helped them out. The incident occurred in New Orleans in the US – two were caught, while the rest are still on the loose. pic.twitter.com/t1HSvBhxtX— Make Europe Great Again – M.E.G.A (@ScaryEurope) May 17, 2025
Les forces de l’ordre sont désormais engagées dans une vaste opération de recherche. Les autorités locales appellent à la vigilance et demandent à toute personne disposant d’informations de se manifester.
Trois évadés déjà rattrapés, sept toujours en cavale
Les forces de l’ordre de Louisiane ont rapidement capturé l’un des dix évadés ce vendredi 16 mai, vers 11 heures, rapporte l’AFP. Kendall Myles a été retrouvé caché sous une voiture dans le garage d’un hôtel du Vieux Carré, le quartier historique et touristique le plus célèbre de la Nouvelle-Orléans.
Deux autres fugitifs ont également été interpellés dans la journée, selon le New York Post. Il s’agit de Dkenan Dennis, arrêté pour vol à main armée et détention illégale d’armes, et de Robert Moody, accusé de trafic de drogue, coups et blessures, et obstruction à la justice.
Concernant les sept évadés encore en liberté, les autorités redoutent qu’ils tentent de régler d’anciens différends ou de retrouver des témoins liés à leurs procès, selon WVUE.
Parmi eux, on retrouve Derrick Groves, condamné pour un double homicide lors d’une fusillade de masse survenue pendant Mardi Gras en 2018. Corey Boyed est poursuivi pour meurtre au second degré et coups et blessures, tandis que Gary Price était détenu pour tentative de meurtre au premier degré et Jermaine Donald pour meurtre au second degré, coups et blessures aggravés et possession d’armes à feu.
BREAKING: Third inmate Dkenan Dennis, who escaped the Orleans Parish prison, has been captured. – FOX 8 New Orleans pic.twitter.com/HL6u4Bxkzp
— AZ Intel (@AZ_Intel_) May 17, 2025
Autre profil alarmant : Antoine Massey, un récidiviste connu pour de multiples évasions. Il purgeait des peines pour violences domestiques, vol, violation de liberté conditionnelle, enlèvement et viol. Lenton VenBuren, mis en cause dans un homicide survenu en 2021, faisait également l’objet de poursuites pour possession illégale d’arme à feu et violation de liberté conditionnelle. Enfin, Leo Tate était détenu pour cambriolage et détention d’armes.
Une aide qui aurait pu venir de l’intérieur
Lors d’une conférence de presse, Susan Hutson, a indiqué que les panneaux de plomberie situés derrière les toilettes, par où les détenus se sont échappés, ne peuvent être retirés que depuis l’extérieur.
Un détail qui suggère que les prisonniers auraient bénéficié d’une aide extérieure. La shérif n’exclut pas la possibilité d’une complicité interne. Une enquête approfondie a été ouverte au sein de la prison.
«Cet incident démontre une fois de plus le besoin urgent de rénover nos installations», a déclaré la shérif. Elle a souligné avoir déjà sollicité un budget supplémentaire pour remplacer les portes de cellule vieillissantes, notamment celle qui aurait été forcée durant la nuit de l’évasion.
Elle a également pointé du doigt le sous-effectif chronique au sein de l’établissement, qui accueille environ 1 400 détenus. «Nous manquons cruellement de personnel, ce qui compromet la sécurité de tous», a-t-elle ajouté.