
Suspendue en raison de la mort du pape François en avril dernier, la béatification du prêtre français Camille Costa de Beauregard, décédé en 1910, aura finalement bien lieu ce samedi 17 mai à Chambéry (Savoie).
Le pape Léon XIV a donné son feu vert. La béatification du prêtre Camille Costa de Beauregard, un prêtre savoyard qui a consacré sa vie aux orphelins, aura lieu ce samedi à 15h au sein de la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry, a fait savoir le diocèse. Ajournée en raison de la mort du pape François en avril dernier, la célébration avait été suspendue «jusqu’à la décision du prochain pape».
Elu par les 133 cardinaux électeurs après deux jours de conclave, l’américain Robert Francis Prevost est devenu le nouveau souverain pontife le 8 mai dernier et a choisi de s’appeler Léon XIV, se plaçant dans la lignée de son prédécesseur Léon XIII, le «pape des ouvriers». À la suite de son élection, le Saint-Père de 69 ans a donné sa bénédiction en vue de la béatification du prêtre français Camille Costa de Beauregard, une cérémonie qui désigne l’acte de l’autorité pontificale par lequel un défunt est mis au rang des bienheureux. Un événement préliminaire à la canonisation, qui désigne l’acte par lequel le pape inscrit cette personne sur la liste officielle des saints.
La béatification sera présidée à la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry, dès 15h ce samedi, par le nonce apolistique en France, Mgr Celestino Migliore, au nom de Léon XIV. C’était, à l’origine, le préfet du dicastère pour les Causes des saints, le cardinal Marcello Semeraro, qui était prévu pour orchestrer la cérémonie. Mais le cardinal italien, «probablement retenu à Rome par la messe d’inauguration du pontificat du nouveau pape» ce dimanche 18 mai, a dû être remplacé, a précisé l’agence de presse spécialiste du Vatican iMédia.
Une vie au service des enfants pauvres
Né à Chambéry en février 1841, Camille Costa de Beauregard était le fils d’un homme politique de Turin et d’une aristocrate française. Entré au séminaire français de Rome en 1863, après avoir traversé une période de détachement de la foi, il a reçu l’ordination sacerdotale trois ans plus tard en la basilique Saint-Jean de Latran, en mai 1866. Malgré qu’il se soit soumis au rite par lequel un homme devient prêtre, il a refusé d’entrer à l’Académie des Nobles Ecclésiastiques, comme il y était destiné. Il a préféré revenir dans son diocèse d’origine, où il devenait vicaire de la cathédrale en 1867.
Cette même année, la population de la ville savoyarde de Chambéry a été décimée par une épidémie de choléra qui a laissé de nombreux orphelins. Ainsi, à l’aube de ses trente ans, Camille Costa de Beauregard a pris en charge les enfants dont les parents avaient disparu et a créé l’orphelinat du Bocage, qui accueillait jusqu’à 175 pensionnaires. En lien avec les salésiens de Don Bosco, «envoyés auprès des jeunes les plus pauvres», selon le site internet officiel des religieux, le prêtre savoyard s’est intégralement dédié à l’accompagnement des orphelins, au point de refuser l’épiscopat (la fonction d’évêque, ndlr) à deux reprises.
reconnu comme «vénérable serviteur de Dieu»
C’est peu de temps après sa disparition, en 1910, que sa réputation de sainteté s’est répandue. Il aurait en effet guéri un enfant atteint d’un grave traumatisme à l’œil survenu lors d’un jeu. Alors qu’un médecin avait déclaré que l’enfant perdait irrémédiablement son organe de la vue, une infirmière a pris l’initiative d’essuyer l’œil du malade avec un mouchoir ayant appartenu à l’abbé Costa de Beauregard. Après cet événement, l’enfant était guéri.
Plusieurs décennies après la mort du prêtre savoyard, en 2015, la documentation relative à cet épisode a été retrouvée, permettant de relancer la cause de béatification du Français, ouverte en 1961 au niveau diocésain.
En 1991, le Saint-Père polonais Jean-Paul II reconnaissait les vertus héroïques de Camille Costa de Beauregard. Depuis, ce dernier dispose du titre de «vénérable serviteur de Dieu». Confiée aux salésiens de Don Bosco, la Fondation du Bocage perpétue l’œuvre du prêtre Camille Costa de Beauregard. Aujourd’hui, une maison d’enfants à caracère social et un lycée agricole portent son nom.