
Les trois policiers qui avaient ouvert le feu, à Paris en juin 2022, après un refus d’obtempérer ont bénéficié d’un non-lieu. Leurs tirs avaient mortellement atteint la passagère avant, Rayana, âgée de 21 ans au moment des faits. Selon l’ordonnance des juges d’instruction, les tirs des fonctionnaires de police «étaient absolument nécessaires».
C’est un refus d’obtempérer qui avait rapidement tourné au drame. Le 4 juin 2022, trois policiers avaient ouvert le feu sur une Peugeot 207, dans le 18e arrondissement de Paris, après le refus d’obtempérer de son conducteur. Les tirs avaient alors mortellement atteint à la tête Rayana, l’une des passagères du véhicule, assise à l’avant. La jeune femme était âgée de 21 ans au moment des faits.
Ce vendredi 16 mai, une source proche du dossier confirme que les fonctionnaires de police à l’origine des tirs ont bénéficié d’un non-lieu.
DES TIRS «ABSOLUMENT NÉCESSAIRES»
Selon l’ordonnance des juges d’instruction du 5 mai dernier, les tirs des policiers «étaient absolument nécessaires et strictement proportionnés au regard de la situation créée» par le conducteur, «du fait de ses multiples refus d’obtempérer, de sa détermination à se soustraire aux contrôles, du danger objectif qu’il représentait pour les autres usagers de la route […] et de la menace légitimement perçue par les fonctionnaires de police pour leur vie».
À l’origine, les trois policiers à VTT souhaitaient simplement contrôler un véhicule dont les passagers arrière ne portaient pas de ceinture de sécurité. Mais le conducteur n’avait pas obtempéré et avait continué sa route. Puis coincé dans un bouchon, il avait alors tenté de redémarrer. C’est alors que les fonctionnaires de police avaient ouvert le feu. Au total, 9 tirs.
En 2023, seul le policier auteur de coups de feu ayant tué Rayana et blessé le conducteur au thorax avait été mis en examen pour violence volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ses deux autres collègues avaient, eux, été placés sous statut intermédiaire de témoin assisté. Il explique avoir craint pour sa vie et pour celle de sa collègue lorsque la voiture a redémarré et avoir «concentré ses tirs en direction du conducteur».
un non-lieu qui n’est pas au goût de tous
Les passagers présents à l’arrière du véhicule lors des faits contredisent les déclarations des policiers en attestant qu’ils n’étaient pas en danger.
De leur côté, plusieurs parties civiles ont annoncé avoir fait appel du non-lieu.
Maître Florian Lastelle, avocat de la famille de Rayana s’exprime : «La famille de Rayana est sidérée et se sent profondément méprisée par les termes approximatifs de cette décision dont la motivation est particulièrement lacunaire et mince».
Quant à l’avocate de la passagère arrière, Maître Marie Violleau, elle réagit en disant : « »Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Cette triste morale d’une fable de La Fontaine est incarnée par cette décision de non-lieu. La suprématie des syndicats est ici plus forte que le droit».