ce qu’il faut retenir de l’intervention d’Emmanuel Macron ce mardi 13 mai

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By InfoHunter



Lors de l’émission «Les défis de la France», diffusée ce mardi sur TF1, Emmanuel Macron a répondu aux questions des Français.

Emmanuel Macron a donné rendez-vous aux Français, ce mardi 13 mai. Pendant plus de deux heures, sur TF1, le chef de l’Etat a répondu aux questions de journalistes et personnalités issues de la société civile à propos des «défis de la France». Il a notamment été question de la guerre en Ukraine, de surpopulation carcérale ou encore de référendums à venir.

Ukraine et Europe

«Ce qui se joue en Ukraine c’est notre sécurité, c’est la paix sur le continent, a affirmé le président de la République. L’objectif est d’obtenir un cessez-le-feu sur les terres, les airs et les mers pour discuter de la question des territoires et des garanties de sécurité», a affirmé le président de la République.

Le président russe Vladimir Poutine a proposé dimanche des négociations «directes» et «sans condition préalable» entre la Russie et l’Ukraine dès jeudi à Istanbul, repoussant toute possibilité d’instaurer ce cessez-le-feu avant cela.

Emmanuel Macron a assuré que les Européens prendront des sanctions «dans les prochains jours» si Moscou «confirme le non-respect» du cessez-le-feu. Il a évoqué notamment des «sanctions secondaires» pour les «revendeurs» de «services financiers» ou d’«hydrocarbures».

Il a par ailleurs affirmé qu’il n’y a aujourd’hui «pas le cadre légal» pour utiliser les avoirs russes gelés mais qu’il «faudra les utiliser» au moment du règlement du conflit «pour participer à la reconstruction de l’Ukraine».

L’objectif, selon le chef d’Etat, est d’aider l’Ukraine à se défendre, sans «déclencher un troisième conflit mondial». «Comme l’Ukraine ne rentrera pas dans l’Otan, on propose des forces de réassurance loin de la ligne de front, dans des opérations conjointes. Cela permet de montrer notre solidarité et d’être crédibles pour dissuader la Russie d’attaquer de nouveau».

Abordant le sujet de la dissuasion nucléaire, Emmanuel Macron a évoqué l’extension de la protection française au reste de l’Europe. Il s’est dit prêt à «ouvrir la discussion» sur le déploiement d’avions armés de «bombes» nucléaires dans certains pays européens, citant notamment l’exemple de la Pologne. «J’en définirai le cadre de manière très officielle dans les semaines et les mois qui viennent», a dit le chef de l’Etat.

Il a posé trois conditions à cette réflexion : «la France ne paiera pas pour la sécurité des autres», «ça ne viendra pas en soustraction de ce dont on a besoin pour nous», et enfin «la décision finale reviendra toujours au président de la République, chef des armées».

Plan social et réforme des retraites

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a interpellé le président de la République au sujet des «400 plans de licenciements actuellement en cours en France» et plus particulièrement sur celui d’ArcelorMittal. Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne nationaliserai pas l’entreprise «parce que ce serait dépenser des milliards d’euros et ça n’aurait pas de sens». Il a toutefois promis de «sauver» les sites de Dunkerque et Fos.

«La réponse, ça n’est pas nationaliser (mais) avoir des garanties de développement, a fait valoir le chef de l’Etat. Il faut mettre en place ce qu’on appelle des clauses de sauvegarde, c’est à dire protéger le marché européen de l’acier. On a commencé à prendre cette décision sous pression française : la Commission l’a annoncé en février.»

Au sujet des retraites, Emmanuel Macron a exclu tout référendum, défendant une réforme prise «pour sauver le système français». Il a en revanche dit souhaiter lancer une «conférence sociale sur le mode de financement de notre modèle social dans un contexte où notre société vieillit» et a appelé à ouvrir une «négociation sociale» sur «la qualité du travail et l’évolution des formes de travail».

Prisons et police municipale

Interrogé par le maire de Béziers, Robert Ménard, sur le manque de place en prison, Emmanuel Macron a indiqué que le garde des Sceaux allait «accélérer» la construction des «5.000 places en cours» pour les faire «dans les deux ans», tout en changeant les règles pour les prochaines, afin d’obtenir des «structures plus légères et rapides à construire».

Pour lutter contre la surpopulation carcérale, le président s’est aussi dit disposé à louer des places de prison à l’étranger «si besoin était». «Je suis favorable au travail dans les prisons et je suis favorable à ce que les prisonniers participent au coût de leur incarcération», a-t-il ajouté par ailleurs.

Le président de la République a aussi fait part de son souhait de voir le gouvernement légiférer pour étendre les pouvoirs des polices municipales à certains actes, comme les saisines, les flagrances, les amendes forfaitaires, «sous l’autorité du procureur».

Des référendums à venir ?

«Je souhaite qu’on puisse organiser une consultation multiple, plusieurs référendums dans les mois à venir», a déclaré Emmanuel Macron. Sans détailler précisément les thématiques, il a dit vouloir mobiliser l’article 11 de la Constitution sur «des grandes réformes économiques, éducatives et sociales».

Il veut notamment solliciter les Français «sur les rythmes de l’enfant» et, plus largement, faire de la jeunesse une «question fondamentale». Elle est notamment «percutée par les réseaux sociaux» qui engendre, selon le président, «une épidémie de troubles du comportement alimentaire, de harcèlement» et un «dérèglement du rapport entre les garçons et les filles» avec un accès accru au contenu pornographique.

En cela, il appelle à imposer une vérification de l’âge sur les réseaux sociaux dans l’objectif de les interdire au moins de 15 ans. Une question qui pourrait être soumise à référendum et qui donnerait lieu à un «combat européen» ensuite.

Répondant aux suggestions du journaliste Gilles Bouleau, Emmanuel Macron a estimé que l’immigration n’est pas susceptible de faire l’objet d’un référendum, pas plus que l’instauration de la proportionnelle aux législatives. La question du délabrement des finances publiques, signalée par François Bayrou, pourrait l’être «si certaines réformes peuvent aller au référendum selon l’article 11 de la Constitution».

En parallèle, réagissant au témoignage de l’ex-journaliste Charles Biétry, atteint de la maladie de Charcot, le chef de l’Etat a évoqué la possibilité d’utiliser l’outil de référendum concernant la fin de vie.

Alors qu’un texte sur l’aide à mourir est actuellement étudié à l’Assemblée nationale, le président a exprimé son souhait de respecter «le temps parlementaire». Mais «si on voyait un enlisement, l’impossibilité d’aller au bout, a ce moment là je pense que le référendum peut être une voie pour débloquer», a-t-il jugé.

La situation à Gaza

S’il estime qu’en tant que président de la République son rôle n’est pas de déterminer si ce qui se passe à Gaza relève du génocide, Emmanuel Macron n’hésite pas à dire que «ce que fait le gouvernement de Benjamin Netanyahou aujourd’hui est inacceptable».

Il a rappelé qu’il avait été «l’un des seuls dirigeants à aller à la frontière» entre l’Egypte et Gaza, évoquant «l’une des pires choses qui (lui) aient été données de voir».

«Toutes les routes humanitaires ont été fermées il n’y a pas d’eau pas de médicaments, on ne peut plus sortir les blessés. Ce qu’il fait, c’est une honte», a jugé Emmanuel Macron, appelant les Etats-Unis a «hausser le ton» car «Israël dépend des armes américaines, et non pas européennes».

L’urgence, pour le chef d’Etat, est de rouvrir les routes humanitaires, de «démilitariser le Hamas», «libérer les otages» et «construire une solution politique».



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