qui était Léon XIII, le précédent souverain pontife à avoir porté ce nom ?

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By InfoHunter



Le cardinal américain Robert Francis Prevost, élu pape ce jeudi, a choisi de se prénommer Léon XIV. S’il explicitera cette décision dans les prochains jours, le pontificat de Léon XIII, le dernier à avoir porté ce nom, donne quelques indices sur les préoccupations du nouveau Saint-Père.

Un nom très symbolique. Ce jeudi, les cardinaux électeurs ont élu Robert Francis Prevost à la tête de l’Eglise catholique. Et le premier pape américain de l’histoire a décidé de prendre pour patronyme Léon XIV.

Un choix qui ne doit rien au hasard, puisque les souverains pontifes se prénomment souvent en hommage à leurs prédécesseurs, comme c’était le cas pour Jean-Paul II ou Benoît XVI.

Un pape fondateur du catholicisme social…

Le précédent pape à avoir porté ce nom était Vincenzo Gioacchino Pecci, devenu Léon XIII lors de son élection au pontificat le 20 février 1878 à l’âge de 67 ans. Réputé studieux et travailleur, il a obtenu un doctorat en théologie avant d’être ordonné prêtre en 1837, puis évêque en 1843 et enfin créé cardinal en 1853.

Léon XIII a fréquemment été surnommé le pape de la modernité et de la réconciliation. Pendant tout son pontificat, il a dénoncé les affres du capitalisme et a pris la défense des travailleurs, réclamant à plusieurs reprises une rémunération digne pour tous.

Son encyclique de 1891, «Rerum novarum», dans laquelle il avait condamné «la concentration, entre les mains de quelques-uns, de l’industrie et du commerce (…) qui imposent ainsi un joug presque servile à l’infinie multitude des prolétaires», a fondé la doctrine sociale de l’Église.

… qui a dénoncé le capitalisme

En filigrane, le nouveau pape laisse donc entendre par le choix de son nom que «la thématique va être reprise, à la fois par rapport aux dérives de la mondialisation, mais également par rapport à des enjeux sociétaux plus larges comme par exemple l’intelligence artificielle», a expliqué à l’AFP François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux.

Cette dimension sociale peut aussi être interprétée comme un hommage à son prédécesseur argentin, Jorge Bergoglio, qui créa la surprise 2013 en étant le premier à se faire appeler François, le prénom du défenseur des pauvres au XIIIe siècle qu’était François d’Assise, alors que les bookmakers avaient parié sur Léon.

Une personnalité ouverte sur le monde

Diplomate habile, Léon XIII a su faire évoluer la manière dont les papes gouvernaient jusqu’à présent. Il est en effet le premier souverain pontife à régner uniquement sur le Vatican depuis la chute des États pontificaux lors de la réunification italienne dans les années 1870.

Léon XIII était aussi perçu comme un «internationaliste», une personne à même de gagner la considération de l’opinion publique du monde entier, alors que la montée de l’anticléricalisme, surtout en France, mais aussi en Europe en règle générale, faisait rage.

Au Vatican, son pontificat a également marqué par sa volonté d’ouvrir les archives de la Cité-Etat, d’habitude réservées au pape, au travail des chercheurs, afin d’approfondir la connaissance de l’histoire de l’Église.

Le pape Léon XIII s’est éteint le 20 juillet 1903 à l’âge de 93 ans, faisant de lui le souverain pontife le plus âgé de l’histoire au moment de sa mort (Benoît XVI est décédé à l’âge de 95 ans, mais avait renoncé à sa fonction alors qu’il avait 85 ans).

Son pontificat a duré vingt-cinq années, soit l’un des plus longs de l’histoire, seulement dépassé par ceux de Jean-Paul II (vingt-six ans), Pie IX son prédécesseur (trente-et-un an).



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