
Intermarché a décidé de s’en prendre aux confiseries situées au niveau des caisses de ses supermarchés. Le président du groupe de grande distribution Mousquetaires a annoncé, sur LinkedIn, sa décision de tester «dans quelques magasins la vente de produits plus sains en caisses».
Une décision qui va à contresens d’une pratique en place depuis des années. Dans plusieurs de ses supermarchés, Intermarché va tester la mise en retrait des sucreries à la caisse. Cette décision a été prise à la suite de la publication d’un rapport alertant notamment sur les risques de cette pratique pour la santé des consommateurs.
C’est Thierry Cotillard, président du groupement Mousquetaires, qui a annoncé la nouvelle sur son compte LinkedIn. «Apprendre que 20 millions de personnes souffrent de maladies liées à l’alimentation, ça fait froid dans le dos. (…) Chez Intermarché, nous testerons dans quelques magasins la vente de produits plus sains en caisses, comme le préconise le rapport. Mais sans s’éloigner du côté plaisir».
Dans cette publication, le président du groupement Mousquetaires revient sur une interview qu’il a donnée en septembre 2024 sur France Inter, dans laquelle il avait été interrogé sur la présence de confiseries nocives pour la santé, à la caisse de 89% de ses magasins Intermarché.
«On a un mix de livres et également de piles et de produits d’impulsion de dernière minute. Il n’y a pas que des bonbons», affirmait-il. Plusieurs mois plus tard, il reconnaît que sa réponse «n’était pas la bonne, ou du moins pas assez engagée».
LA quasi-totalité des caisses des magasins contiennent des confiseries
Le groupement Mousquetaires rassemble notamment les enseignes Intermarché, Netto, Bricomarché et Bricorama. La fin de la présence de sucreries en caisse, doit donc permettre au groupe de mettre en place des produits «plus sains», dans plusieurs des magasins Intermarché.
Le rapport qui a motivé cette décision émane du Conseil économique, social et environnemental, qui alerte sur le manque d’aliments de qualité dans les assiettes des consommateurs français. Ce dernier rapporte que l’alimentation ultratransformée, souvent peu chère, est source de pathologies croissantes, comme le diabète, l’obésité, ou encore les maladies cardio-vasculaires.
Selon l’Assurance maladie, 20 millions de personnes en France présentent des pathologies liées à l’alimentation. Face à ce constat, le Conseil préconise notamment de mettre fin à la vente des sucreries et snackings en caisse.
Cette pratique était déjà décriée en septembre dernier, par l’UFC-Que Choisir, qui dénonçait, dans une enquête, le fait que 86% des caisses des magasins visités par ses soins contiennent des confiseries. «Le retour de cette pratique est en contradiction totale avec l’engagement de retirer les sucreries que la ministre de la Santé avait demandé en 2008 et que la plupart des enseignes avaient volontairement mis en œuvre dans le but d’éviter toute contrainte réglementaire», peut-on lire dans l’enquête.
Dans cette même enquête, l’association déplore que «dans plus d’un magasin sur deux (51%), les présentoirs aux sorties de caisses proposent des confiseries spécifiquement destinées aux enfants, au premier rang desquelles figurent différents produits Ferrero (dans 40% des magasins) tels que les Kinder surprise ou les Kinderini, suivis par les confiseries de la marque Haribo (15%), les chewing-gums Houbba-Bouba (12%), les Carambars et les Malabars (5%), et les bonbons Lutti (5%)».
Pour le moment, aucune information supplémentaire n’a été donnée concernant le nombre d’établissements concernés et la localisation de ceux qui mettront de côté les sucreries en caisse, au profit de produits sains.