Jeudi 24 avril, aux alentours de 12h30 au collège-lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides à Nantes (Loire-Atlantique), un élève armé d’un couteau s’est attaqué à quatre de ses camarades, provoquant le décès de l’un d’entre eux. Les enquêteurs tentent de cerner les motivations de ce lycéen, hospitalisé dans la soirée, et décrit comme «dépressif» par ses camarades.
Un profil inquiétant. Ce jeudi, une lycéenne de l’établissement privé de Notre-Dame-de-Toutes-Aides à Nantes a été mortellement poignardée et trois autres élèves ont été blessés après une attaque au couteau présumée commise par Justin P., âgé de 15 ans, qui étudiait dans le même lycée. L’un des trois blessés n’était pas totalement «tiré d’affaire» à 19h, indiquait Elisabeth Borne sur place.
Plus tard dans la soirée, l’adolescent a été hospitalisé après un examen psychiatrique, indiquait le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy. «Le psychiatre ayant procédé à l’examen du mis en cause a conclu à l’incompatibilité de son état de santé avec la mesure de garde à vue en cours», a-t-il indiqué à la presse, précisant que Justin P. allait «être conduit à l’hôpital».
Des adieux prématurés
L’adolescent de 15 ans a été décrit par certains élèves comme un individu sujet à la dépression. «Les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler», a témoigné auprès de l’AFP une collégienne de l’établissement.
L’un de ses amis, interrogé par CNEWS, a expliqué que Justin P. l’avait récemment effrayé en évoquant les attentats du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis. «Il nous parlait de la pollution, de nazis, d’extrémisme, de jihadisme, même du journal d’Anne Frank. J’ai eu peur lorsqu’il m’a parlé du 11-Septembre, expliquant que cela avait l’air incroyable de détourner un avion sans savoir le conduire», a affirmé son camarade, qui a préféré rester anonyme.
Selon lui, son ami «était très calme, restait dans son coin, il faisait sa vie», mais s’était récemment laissé aller et avait l’air fatigué. «Il était bizarre physiquement. Au niveau de son visage, il avait les yeux qui tombaient, il ne s’était pas coupé les cheveux depuis longtemps».
Dimanche 20 avril dernier, il avait appelé ceux avec qui il s’entendait le mieux par l’intermédiaire du réseau social Snapchat pour faire ses adieux. «Il disait que c’était la dernière fois qu’on allait le revoir, qu’il nous souhaitait une longue vie, raccrochant directement après ces propos». Son acolyte, inquiet, l’avait rappelé mais Justin P. ne souhaitait pas lui parler, mettant fin à la discussion en déclarant : «Longue vie à toi, je te souhaite que du bonheur».
Un e-mail inquiétant avant de passer à l’acte
Peu avant d’agresser ses camarades au couteau, il avait envoyé aux élèves un courriel assez confus intitulé «L’action immunitaire», un écrit de 13 pages séquencé en trois «chapitres».
Dans la première partie du texte, Justin P. évoquait les effets néfastes de l’homme sur la planète. «Les incendies, les pandémies, les effondrements écologiques et autres sont autant des messages clairs : il est temps de cesser de défier les lois du vivant», écrivait-il ainsi.

Le principal suspect dénonçait notamment dans son texte «la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain», revendiquant une «révolte biologique» afin que «l’équilibre naturel, même cruel» reprenne «sa place» contre «l’écocide globalisé».
Ce vendredi 25 avril, les cours ont été maintenus pour l’école primaire de l’établissement Notre-Dame-de-Toutes-Aides, mais suspendus pour les collégiens et lycéens. Une cellule psychologique, ouverte la veille, est toujours opérationnelle au sein du groupe scolaire. Un appel à déposer des fleurs devant l’établissement à 15h30 a été lancé et partagé sur les réseaux sociaux.
Le procureur de la République de Nantes a annoncé qu’il donnerait une conférence de presse à 18h ce vendredi.