Crise avec Alger, immigration, présidence de LR… Ce qu’il faut retenir de l’interview de Bruno Retailleau sur CNEWS

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By InfoHunter



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Invité de l’émission «Face à l’info» ce mardi 15 avril, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a fait le point sur les principaux dossiers qui marquent l’actualité, comme la crise diplomatique entre la France et l’Algérie, l’accent mis sur la lutte contre l’immigration et l’élection à la présidence LR le 17 mai.

Une politique guidée par la «fermeté». Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a répondu ce mardi dans l’émission «Face à l’info» sur CNEWS aux différents points marquant l’actualité française.

Crise diplomatique avec l’Algérie

Le ministre a d’abord été questionné sur la montée des tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, avec la décision prise ce mardi par l’Élysée de rappeler l’ambassadeur de France à Alger et d’expulser douze agents consulaires algériens. Cette double mesure a été prise en réponse à l’expulsion de 12 agents français exerçant auprès de l’ambassade et des consulats de France en Algérie ce lundi.

«Je prône la fermeté depuis des mois. Je l’ai d’abord prôné seul dans le désert puis le gouvernement en a fait sa ligne. Nous sommes un État et nous sommes une Nation. Un État doit être fort et une Nation doit être fière et respectée. J’ai toujours pensé qu’avec l’Algérie, nous devions poser un rapport de force car trop souvent, le régime a profité de nos faiblesses où a fait de la France un bouc émissaire. Il est inacceptable et inadmissible que la France soit un terrain de jeux pour les services algériens», a précisé Bruno Retailleau.

«Cette réponse me parait appropriée. C’est une règle générale le calibrage des ripostes dans les relations internationales. Il y avait 12 personnes qui dépendent de mon ministère qui avaient été déclarées “persona non grata“. C’est donc un pour un. Ce seront 12 agents algériens qui devront partir très rapidement en Algérie», a détaillé le ministre.

«Cette crise ne vient pas d’aujourd’hui. Elle ne vient même pas de la reconnaissance de la souveraineté marocaine du Sahara occidental (…) C’est une suite de crises. Si j’ai prôné la fermeté, c’est parce que j’observe depuis plusieurs années que la main tendue donne peu de choses en retour. Je sais que nous avons une histoire orageuse entre les deux pays mais je ne reconnais à aucun pays le droit de mépriser et d’humilier la France», a assuré le ministre.

«L’Algérie est au pied du mur. Elle a deux choix : celui de l’escalade ou du dialogue. Il est clair que pour nous, les objectifs sont la libération de Boualem Sansal et le respect des accords de 1994 indiquant que l’Algérie doit rapatrier sur son sol les Algériens (…) Il faut que l’Algérie respecte les accords de 1994 sinon, dans cette riposte graduée, ce sera la remise en cause des accords de 1968», a conclu Bruno Retailleau.

Pour rappel, les premières tensions ont débuté fin juillet 2024 lorsque le président français a apporté son soutien total à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, revendiqué depuis 50 ans par les indépendantistes du Polisario soutenus par Alger. L’Algérie avait immédiatement retiré son ambassadeur à Paris puis les tensions ont été aggravées par la question migratoire et l’arrestation de Boualem Sansal.

«Boualem Sansal a été arrêté injustement»

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été arrêté à l’aéroport d’Alger le 16 novembre dernier pour avoir critiqué les frontières actuelles de l’Algérie dans un journal français. Il a ensuite été condamné pour ce motif à cinq ans de prison le 27 mars dernier.

«Il a été arrêté et détenu injustement. C’est un grand écrivain qui n’est pas né en France mais qui est Français pour autant. Il est tombé amoureux de notre langue, il la magnifie et il la porte très haut. C’est important pour nous. Son dernier livre s’appelle “Le Français, parlons-en“. Il s’est retrouvé dans la France comme dans une patrie littéraire. C’est elle qui fait notre identité», a rappelé Bruno Retailleau.

«Quand on a un grand serviteur de notre langue et de notre littérature, on lui doit quelque chose et on ne doit pas l’abandonner (…) L’un de nos objectifs est la libération de Boualem Sansal, il est âgé et il est malade», a estimé le ministre de l’Intérieur.

«L’immigration n’est pas une chance»

Véritable cheval de bataille de Bruno Retailleau depuis son arrivée à Beauvau, la lutte contre l’immigration demeure au centre de ses priorités et de celles du gouvernement.

«Les capacités d’accueil de la France sont dépassées. On accueille environ un demi-million d’étrangers en situation régulière ou irrégulière par an. On ne peut plus les accueillir dans de bonnes conditions. C’est la raison pour laquelle j’avais créé une polémique en indiquant que l’immigration n’est pas une chance car elle n’est pas maitrisée. Je signe et je persiste», a synthétisé le ministre de l’Intérieur.

«Depuis que je suis arrivé au ministère de l’Intérieur, les expulsions par arrêté ministériel ont augmenté de 150%. Depuis que j’ai fait le circulaire qui a aboli la circulaire Valls, les régularisations de clandestins ont baissé de 20 %», a néanmoins rappelé ce dernier.

«Bien sûr qu’on ne peut pas tout faire tout de suite et annuler des décennies de laxisme migratoire en quelques mois… Je pense que si on veut demain reprendre le contrôle de l’immigration, il faudra donner la parole au peuple français par le référendum», a conclu le ministre.

«Nous sommes rentrés au gouvernement pour faire barrage à la gauche»

Questionné sur sa légitimité à prendre la tête des LR à l’occasion d’un vote pour la présidence organisée le 17 mai prochain après son entrée au gouvernement, Bruno Retailleau a réagi en évoquant le barrage fait à la gauche.

«Si nous sommes rentrés au gouvernement, c’était pour faire barrage à la gauche. Si la droite française avait claqué la porte au président de la République, celui-ci n’aurait eu d’autre choix que de se tourner vers la gauche “mélanchonisée“, la gauche la plus archaïque d’Europe… Quand on est de droite, on veut faire barrage à la gauche», a expliqué Bruno Retailleau.

Il en a profité pour détailler sa vision de la politique et de son parti dans les années à venir. «Je n’ai jamais cru dans les magouilles et les rapprochements d’appareil. Ce que je souhaite, c’est de faire comme Nicolas Sarkozy en 2007, à savoir bâtir un grand parti moderne, populaire et patriote à droite. Avec cette ligne-là, il faudra travailler d’arrache-pied pour proposer un projet de société et des idées nouvelles aux Français», a abondé le ministre.

«Les Français veulent une droite qui se retrousse les manches, qui ne se planque pas ou qui se mette sous la table quand il y a un risque. Ils veulent une droite qui agisse, qui dans l’action n’abdique pas ses convictions. Ils nous reconnaissent dans l’action à condition qu’on reste nous-mêmes (…) Ces choix-là, les dernières élections, législatives ou municipales partielles, l’ont ratifié», a conclu Bruno Retailleau.



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