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En France, la fraude aux ordonnances factices alimentant le trafic de médicaments représente des dizaines de millions d’euros. Reportage sur les dessous d’un phénomène qui ne cesse de s’accroître.
Échanger une ordonnance contre des médicaments, c’est un geste que Philippe Barat, pharmacien dans la Creuse, fait des dizaines de fois par jour. Alors, lorsqu’une femme de 45 ans est venue l’an dernier récupérer son traitement contre le cancer, il était loin de se douter qu’elle lui présenterait une fausse ordonnance, « identique » à toutes les autres, se souvient-il.
La soi-disant patiente était bien trop parfaite. « Son discours nous a paru cohérent », assure encore Philippe Barat. Peu après, il a reçu un appel de la Sécurité sociale, l’informant que la prescription pour cette thérapie à plus de 3 700 euros était totalement fausse. L’Assurance maladie ne le remboursera pas, le pharmacien a donc déposé plainte. Une « double peine », explique-t-il.
La même fausse malade écumait les routes de l’Indre avec son mari : le couple a arnaqué pas moins de sept pharmacies et vient d’être condamné pour ces faits. En France, le trafic de fausses ordonnances explose. De 13,4 millions d’euros de fraude ont été détectés en 2024, contre 11,5 millions en 2023. Se procurer ces documents est un jeu d’enfant, car en quelques clics, nous parvenons à trouver un faussaire. Le trafic est en réalité très vaste : sur une messagerie cryptée, des escrocs n’hésitent pas à poster une annonce pour recruter des petites mains.
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