Une analyse détaillée de scanners menés sur le Titanic a offert de nombreuses nouvelles informations quant aux dernières heures du bateau.
Plus de cent ans après son naufrage, le Titanic n’en finit pas de livrer ses secrets. L’un des événements les plus marquants du XXe siècle ne cesse d’attiser la curiosité des chercheurs. Ceux-ci ont trouvé certaines réponses dans une nouvelle étude menée grâce à des répliques en 3D du paquebot. Le moment fatidique du naufrage du 14 avril 1912 est notamment passé au peigne fin.
Grâce à de nouveaux documents sollicités par la chaîne américaine National Geographic en marge d’un prochain documentaire sur le naufrage appelé «Titanic: The Digital Resurrection», on peut enfin observer l’entièreté du Titanic depuis les profondeurs. Le bateau se trouve actuellement 3.800 m sous les eaux.
L’un des analystes, Parks Stephenson, compare son travail à celui de détectives : «C’est comme une scène de crime, il faut voir quels sont les preuves, le contexte, où cela se situe. Pouvoir observer l’entièreté du bateau, c’est une clé pour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé».

Plus de 700.000 photos ont été prises depuis un maximum d’angles pour former une vue 3D complète du bâtiment.
La chaufferie, sollicitée jusqu’au triste dénouement du navire
Les images de ces scanners montrent notamment la salle appelée «chaufferie», où des personnes travaillaient sans relâche jusqu’au dernier moment, celui du naufrage. Leur objectif était notamment de maintenir la lumière allumée pour que l’équipage puisse continuer à tenter de s’occuper des passagers et que ceux-ci ne soient pas plongés dans l’obscurité. Une valve a été découverte dans une position ouverte, démontrant probablement que la lumière était encore allumée au moment où le bateau sombrait.

JeomKee Paik, professeur à l’université College London et cheffe des recherches, explique : «Nous avons utilisé des algorithmes et des modèles numériques ainsi que toutes les capacités de nos super-ordinateurs pour reconstruire le naufrage du Titanic».
Les analystes se servent également de cette nouvelle imagerie ainsi que de simulations numériques pour expliquer les raisons pour lesquelles le paquebot s’est fendu en deux parties. Des failles d’une taille d’un papier A4 ont notamment été découvertes. Elles ont été provoquées par le choc entre le bateau et un iceberg, alors qu’il faisait route vers l’Amérique, voguant dans le nord de l’océan Atlantique.
«Le Titanic est le dernier rescapé des témoins du désastre, il a encore des choses à nous raconter», reprend Parks Stephenson.
Les recherches montrent qu’un hublot a été broyé lors de la collision entre le bateau et l’iceberg, ce qui corrobore de nombreux témoignages de rescapés du drame. Mais c’est surtout la coque qui a été touchée par ce choc. En frottant le bloc de glace, le bateau a créé une multitude de failles et d’entailles sur sa face latérale, créant une brèche où l’eau a notamment pu s’infiltrer.
Mais les chercheurs ne veulent pas s’arrêter là et de nombreux points d’interrogation demeurent. «Le Titanic ne nous donne que quelques réponses à la fois. A chaque fois, il nous laisse en vouloir d’avantage !», résume Parks Stephenson.