
Aux quatre coins des États-Unis, des milliers d’Américains ont manifesté ce samedi 5 avril pour dénoncer la politique de Donald Trump.
Une première mobilisation d’ampleur depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Ce samedi, des dizaines de milliers d’Américains de gauche ont manifesté contre ce qu’ils qualifient d’«accaparement du pouvoir» par le président républicain.
À Washington, mais aussi à New-York, en passant par l’Alaska… Les points de rassemblement étaient nombreux et la mobilisation s’est faite dans tout le pays.
Thousands of protesters have flooded the streets of Boston demonstrating in the anti-Trump « Hands Off! » rally. It’s one of 1,200 other protests unfolding in all 50 states across the country. pic.twitter.com/jNs7KMwKvB
— ABC News Live (@ABCNewsLive) April 5, 2025
Mais c’est au National Mall, à quelques encablures de la Maison Blanche, que l’un des principaux rassemblements s’est déroulé dans une atmosphère bon enfant.
Sur cette immense esplanade entre le Capitole et l’obélisque du Washington Monument, des milliers de personnes s’y sont rassemblées à la mi-journée. Et les pancartes étaient de sortie : «Pas touche à la Sécurité sociale» ou «le fascisme est arrivé». Originalement utilisés comme un signal de détresse dans l’armée, des drapeaux américains à l’envers ont été brandis. Un signe de protestation politique.
MASSIVE Anti-Trump uprising in NYC!! #HandsOffpic.twitter.com/Gb91kaPTKr
— Our Revolution (@OurRevolution) April 5, 2025
Elon Musk également dans le viseur
De retour à la Maison Blanche depuis le 20 janvier, Donald Trump et sa politique conservatrice, mais aussi étrangère avec une guerre commerciale débutée avec la quasi-totalité des territoires du globe, ont d’abord inquiété, avant de provoquer ces manifestations d’envergure.
«Samedi 5 avril, nous descendons dans la rue dans tout le pays pour résister avec un message clair : bas les pattes !», a affirmé auprès de l’AFP l’un des organisateurs de la manifestation, qui a notamment expliqué : «Donald Trump et Elon Musk pensent que ce pays leur appartient. Ils prennent tout ce sur quoi ils peuvent faire main basse et mettent le monde au défi de les arrêter».
Le milliardaire Elon Musk, bras droit du 47e président des États-Unis, a aussi été visé par les militants. Parmi les nombreux reproches : les coupes dans les aides sociales, l’éducation ou la recherche, ainsi que les licenciements de milliers de fonctionnaires.
Présente lors d’une des manifestations, Margie, 64 ans, une retraitée de la fonction publique, portant une cagoule tricotée rose et turquoise évoquant un masque à gaz, a déclaré à l’AFP : «Ils sont en train d’abattre la démocratie».
HAPPENING NOW: Protesters march through downtown Los Angeles for the “Hands Off!” rally against Elon Musk and Donald Trump pic.twitter.com/XVJZt8dS3l
— Marco Foster (@MarcoFoster_) April 6, 2025
Le parti démocrate pas exempt de tout reproche, selon les militants
Dans la capitale fédérale, 20.000 personnes étaient attendues, mais dans l’après-midi, les organisateurs ont confirmé une participation beaucoup plus élevée.
Parmi les militants, des agents de la fonction publique mais aussi de nombreux jeunes. Et pour les encadrer, plusieurs ténors démocrates ont également battu le pavé et pris la parole. «Aucune personne dotée de sens moral ne veut d’un dictateur sabotant l’économie qui connaît le prix de tout et la valeur de rien», a déclaré l’élu de la Chambre des représentants Jamie Raskin.
Mais les militants de gauche qui se sont déplacés dans les rues américaines reprochent également à leur parti démocrate d’être inaudible ou impuissant face aux coups de boutoir de l’administration Trump.
Venu manifester avec son père, Abbott Sherwin, un étudiant de 19 ans de Caroline du Nord (sud-est) a déploré «une grande déconnexion» entre les élus démocrates et les jeunes. «Beaucoup, surtout parmi les plus progressistes, pensent que le Parti démocrate se dégonfle, essaie d’être trop modéré et ne défend pas vraiment nos droits», a-t-il décrypté.
Des manifestations similaires se sont tenues à travers le monde, notamment à Berlin, Paris, Rome et Londres, alors que Donald Trump a passé le week-end chez lui en Floride.