A l’issue du procès qui se tenait devant la cour d’assises du Rhône, les jurés l’ont reconnue coupable de « torture et acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
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Trois ans après la mort de la petite Lisa, âgée de 11 mois, la Justice a rendu son verdict. L’ex-employée de crèche qui a fait ingérer du Destop, un liquide corrosif, à la fillette dont elle avait la garde, a été condamnée à 25 années de réclusion, jeudi 3 avril, par la cour d’assises du Rhône, à Lyon. Agée de 30 ans, Myriam Jaouen était accusée de meurtre, mais les jurés l’ont reconnue coupable de « torture et acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
« Je comprends la souffrance des parents, je comprends aussi leur colère », a soufflé Myriam Jaouen dans une dernière prise de parole avant que les jurés se retirent pour délibérer. « Je regrette tellement », a-t-elle martelé, sans toutefois apporter les réponses aux questions des parents endeuillés. « La première personne qui doit se remettre en question (…), c’est Myriam Jaouen et elle ne le fait pas », a déploré leur avocate, Catherine Bourgade. « Au bout de trois jours, on n’en sait pas plus ».
Dès sa garde à vue, l’accusé avait reconnu avoir fait boire du déboucheur de canalisation à la petite Lisa, tout en niant toute intention de tuer. Elle a précisé au cours du procès, après avoir présenté plusieurs versions, avoir maintenu la tête de l’enfant et versé le produit directement dans sa bouche. Elle ne supportait plus, selon ses explications, les pleurs de la petite fille.
« Ce jour-là, je crois que Myriam est arrivée au bout de ce qu’elle pouvait donner, au maximum de ses capacités psychiques », a avancé l’une de ses avocates, Julia Coppard, lors de l’audience, reprenant les analyses des experts. Pas pour excuser, mais « pour comprendre », a-t-elle déclaré, évoquant un « moment de bascule » pour une jeune employée dépassée par ce métier pour lequel elle n’a pas les compétences.
Malgré ce manque d’expérience, Myriam Jaouen avait été embauchée par le groupe People & Baby qui gérait la microcrèche Danton Rêve. Le 22 juin 2022, elle était seule à l’ouverture quand le père de Lisa est venu déposer le nourrisson, qui « ne pleurait pas » selon son témoignage poignant. Quarante-cinq minutes après plus tard, il est contacté en urgence pour se rendre à l’hôpital au chevet de sa fille. Grièvement brûlée, Lisa est décédée en fin de matinée à l’hôpital.
Très éprouvés, les parents de Lisa ont souhaité ramener le débat sur la responsabilité pénale du « monstre » qui a tué leur fille, dans deux témoignages où pointait l’émotion, mais aussi la colère.