
Le décès de deux septuagénaires a été constaté lundi 31 mars dans les Vosges. Les victimes ont été brutalement tuées à coups de pierre à l’extérieur de leur habitation. Un suspect, dont l’expertise psychiatrique est en cours, a été arrêté.
Un drame d’une violence inouïe. Les corps sans vie de deux septuagénaires ont été retrouvés par des passants lundi 31 mars à Xertigny (Vosges), un village de 2.500 habitants. La première victime est une retraitée de 76 ans originaire de la commune prénommée Nicole, et son ami, un ancien prêtre, lui aussi âgé de 76 ans. Nicole était la soeur du propriétaire des lieux où le crime a été commis.
Selon le procureur de la République d’Épinal, Frédéric Nahon, les faits se sont déroulés entre 13h30 et 14h. Alors que les deux victimes se trouvaient chez des amis pour le déjeuner, ils sont rentrés sur les lieux du crime peu avant 13h30, selon des témoins. Les deux amis «gardaient la maison» depuis plusieurs jours pendant l’absence du propriétaire, parti en vacances.
Des «violents coups de pierre»
C’est à ce moment qu’un individu, sans aucun lien avec les deux victimes, et inconnu dans la commune, se serait saisi de «pierres» qui servaient à «délimiter le parking» de l’habitation pour s’en prendre très violemment aux deux amis. À ce stade, les enquêteurs ne savent pas si le mis en cause était déjà présent sur place où s’il est arrivé à ce moment précis.
Lorsque les enquêteurs sont arrivés sur les lieux, ils ont découvert deux corps, l’un, celui du prêtre, «au milieu d’une ruelle» non loin de l’habitation, l’autre, celui de la femme, «recroquevillée près d’un muret», un peu plus loin, ce qui laisse entendre qu’elle aurait pu tenter de fuir, et avoir été tuée dans un second temps. Cela reste une hypothèse à ce stade.
Les enquêteurs ont également trouvé des traces de sang sur des pierres «de la taille d’un gros pavé» jouxtant la scène de crime, tandis que des coulées de sang étaient encore visibles sur le bitume, le long de la route. À leur arrivée, les pompiers n’ont pu ranimer les deux victimes, qui ont succombé à leurs blessures, qui semblent donc provenir de «violents coups de pierre».
Selon la chronologie établie par les enquêteurs, le mis en cause aurait cheminé depuis un local SNCF situé a coté de la gare de la ville, où il aurait tenté sans succès de «démarrer un incendie», jusqu’au domicile du frère de la victime.
Un suspect appréhendé
Le suspect a été interpellé à l’arrivée des gendarmes, sur les lieux du drame. Selon le procureur de la République d’Épinal, il portait des traces de sang sur ses pieds. Il a par ailleurs tenté d’agresser les gendarmes, qui ont fini par le maîtriser. Immédiatement placé en garde à vue, le suspect a finalement été hospitalisé au vu de «son état de santé».
Le mis en cause est un homme de 34 ans originaire de Mayotte, déjà impliqué dans huit affaires entre 2009 et 2022, à plusieurs endroits sur le territoire français, notamment pour des faits de «violences» ou de «violations de domicile», mais chaque fois, l’individu n’a pas été poursuivi en raison de son «état mental déficient» ou d’une «irresponsabilité pénale».
Il a été néanmoins condamné à une seule reprise en 2018 à La Réunion pour «violation de domicile et dégradation de biens d’autrui». D’une taille d’environ 1 mètre 90, le suspect faisait preuve d’une «force considérable», et avait consommé du cannabis lors de son interpellation, selon le procureur. Il résidait «depuis une date indéterminée» sur la commune d’Épinal. Des vérifications sont en cours à ce sujet, a précisé le procureur.
Le suspect a été interné dans un établissement psychiatrique et une expertise est en cours pour déterminer s’il peut être considéré comme responsable pénalement. Dès que son état de santé le permettra, il sera de nouveau entendu sous le régime de la garde à vue. À ce stade, aucun mobile n’a pu être envisagé par les enquêteurs.
Aucune trace d’infraction n’a été constatée dans le domicile de la victime, et aucun témoin n’était présent au moment des faits. 25 gendarmes ont été engagés sur place et quatre experts ont été dépêchés pour effectuer les constatations sur la scène de crime «particulièrement complexe», a précisé le procureur.
L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de Remiremont, avec l’appui de la section de recherches de Nancy.