
À compter de ce lundi 31 mars, et jusqu’au 7 avril, un Algérien de 29 ans, à l’origine de l’explosion d’une bombe artisanale dans la rue Victor Hugo à Lyon en mai 2019, doit comparaître devant la cour d’assises spéciale de Paris dans le cadre de son procès. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un procès, quasiment six ans après les faits. Mohamed Medjdoub, un Algérien de 29 ans et sans papiers, doit comparaître dès ce lundi 31 mars devant la cour d’assises spéciale de Paris. Pour une durée d’une semaine, soit jusqu’au 7 avril prochain, cet homme doit être jugé pour avoir provoqué un attentat à la bombe artisanale devant une boulangerie lyonnaise de la rue Victor Hugo en mai 2019.
À l’époque, cet acte criminel a fait une dizaine de blessés. Les faits se sont déroulés deux jours avant les élections européennes, soit le 24 mai 2019. Ce jour-là, ce jeune homme radicalisé avait posé une bombe fabriquée par ses soins devant la boulangerie Brioche Dorée de la rue Victor Hugo.
L’attentat a fait une dizaine de blessés, dont une fillette de 10 ans. De son côté, l’AFP a rappelé que cette bombe artisanale était emballée dans un sac en papier. Elle était composée de TATP, un explosif artisanal relativement facile à fabriquer, enfermé dans un tube de chips avec plus de 270 billes et vis métalliques, selon l’agence de presse française.
Il voulait «faire peur aux Français»
Après les faits, le principal suspect a été repéré sur les images de vidéosurveillance en train de circuler à vélo dans les rues de Lyon, le visage dissimulé sous une casquette et portant des lunettes de soleil.
Mohamed Medjdoub a fini par être arrêté le 27 mai 2019, soit trois jours après l’attentat, grâce à une enquête minutieusement menée. En effet, les enquêteurs avaient eu recours au système de mise à feu utilisé.
Concrètement, cette bombe avait été activée grâce à des piles exclusivement vendues chez Amazon. Ainsi, les enquêteurs ont dû examiner l’historique des commandes passées sur ce site ainsi que les images de vidéosurveillance pour remonter jusqu’à la piste de cet Algérien de 29 ans.
En garde à vue, ce second d’une fratrie de quatre enfants a reconnu être un «musulman pratiquant», revendiquant une lecture littérale du Coran. Interrogé sur son but de commettre cet attentat, Mohamed Medjdoub a expliqué qu’il voulait «faire peur aux Français» pour les pousser à voter pour l’extrême droite.
«Si je sors aujourd’hui, demain je fais un attentat»
Il voulait que cette élection «exacerbe» les tensions avec les musulmans ce qui, selon lui, aurait provoqué «une guerre civile» en France. Devant les enquêteurs, celui qui est arrivé en France en 2017 affirmait qu’il était un «soldat de l’islam» ayant «dans son for intérieur» prêté allégeance à Daesh.
Pire encore, l’accusé a reconnu qu’en prison, il appréciait le voisinage de Salah Abdeslam, membre des commandos des attentats du 13-Novembre à Paris. Il disait discuter avec lui «du Coran, de ce qui se passe, de tout».
Auteur de plusieurs incidents en détention, se positionnant comme «un sage prodiguant ses savoirs et analyses», il adopte un comportement «particulièrement prosélyte», selon l’administration pénitentiaire, citée par l’AFP.
Si je prends un Français (…) je vais le décapiter
Mohamed Medjdoub lors d’un interrogatoire, dont les propos ont été rapportés par l’AFP
«Quand je croise des musulmans en détention, c’est un devoir pour moi de les convertir (…) et je pense que j’ai du succès», a-t-il admis devant le magistrat instructeur. «Si je voulais j’aurais pu faire une centaine de morts», s’est-il vanté auprès de co-détenus. Il affirmait : «Si je sors aujourd’hui, demain je fais un attentat».
En avril 2023, lors de son dernier interrogatoire, Mohamed Medjdoub expliquait avoir de la haine «contre toute la France». «On m’a humilié, on m’a manqué de respect et je vais me venger. Si je prends un Français (…) je vais le décapiter mais aussi le couper en mille morceaux», a-t-il dit, dont les propos ont été relayés par l’AFP.
De ce fait, l’homme est jugé, à compter de ce lundi, pour tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, fabrication d’un engin explosif en relation avec une entreprise terroriste et détention et transport de produit explosif.
Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.