une boucherie halal qui abritait une cellule jihadiste devant la justice

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By InfoHunter



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Six hommes accusés d’avoir transformé une boucherie de Brest en cellule jihadiste doivent comparaître devant la cour d’assises des mineurs spéciale de Paris à partir de ce lundi. Ils sont jugés pendant trois semaines pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Une boucherie dans le viseur de la justice française. À partir de ce lundi, six hommes, dont un était âgé de 16 ans au moment des faits, doivent comparaître devant la cour d’assises des mineurs spéciale de Paris. Les individus sont accusés d’avoir préparé, dans une boucherie halal de Brest, des actions violentes inspirées de celles de Daesh.

Âgés désormais de 21 à 39 ans, ils sont jugés pendant trois semaines pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. En revanche, en raison de la présence au procès d’un accusé mineur au moment des faits, aujourd’hui âgé de 21 ans, un huis clos pourrait être demandé.

Un établissement sous surveillance

Mais concrètement, que s’est-il passé ? L’enquête a débuté en septembre 2019 autour de la situation de Mohamad D., un Palestinien né en 1985 en Syrie à Homs. Ce dernier, arrivé en France fin 2015 comme réfugié, se rendait régulièrement en 2019 dans la boucherie «Chez Wahid», en périphérie de Brest. Or, le propriétaire de l’établissement n’était pas un inconnu des services de police.

En 2019, Wahid B. avait été condamné pour apologie du terrorisme pour avoir mimé un tir à l’arme automatique au passage d’une patrouille de police après les attentats du 13 novembre 2015. Dans le viseur des autorités, son commerce était soupçonné d’accueillir des réunions «de la mouvance islamiste radicale».

Des soupçons qui ont poussé le parquet national antiterroriste (Pnat) à saisir la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Alertée, cette dernière s’est mise à surveiller la boucherie en notant le nom des habitués puis en sonorisant l’établissement en novembre 2019. Une stratégie payante permettant aux enquêteurs de déclencher une vague d’interpellations en janvier 2020 visant sept hommes dont Mohamad D. et Wahid B.

«Tu tues tout le village en une seule nuit»

À l’issue de trois ans et demi d’instruction, six de ces sept hommes ont été renvoyés devant la cour d’assises, la septième personne bénéficiant d’un non-lieu. Selon l’accusation, les six hommes sont soupçonnés d’avoir envisagé plusieurs cibles pour des actions violentes : la base navale de Brest, les célébrations du Nouvel an chinois en France, une synagogue, des matchs de foot…

Lors des enregistrements sonores de l’établissement, les enquêteurs ont pu capter des conversations glaçantes entre Mohamad D. et Wahid B. Lors d’une sonorisation du 9 décembre 2019, le premier a dit au second : «il nous faut un peu d’entraînement, il nous faut des armes, et il faut apprendre certaines choses (…). On peut y aller pas trop loin, par exemple on va voir les campagnes».

«On passe à quatre ou cinq, armés, tu tues tout le village en une seule nuit, c’est facile (…). Il faut avoir l’audace, et que tu aies tout prévu», a-t-il ajouté. Mais les enquêteurs ont attribué d’autres projets aux six hommes, dont l’infiltration de l’armée française. «Tu les allumes tous», avait même suggéré celui qui était mireur lors des faits.

«Des paroles en l’air»

Face aux enquêteurs, Mohamad D. a expliqué que les propos échangés avec ses co-accusés dans la boucherie étaient en réalité juste «des paroles en l’air» sorties de leur contexte. Un autre accusé a parlé de «bla-bla» sans conséquences. 

Devant les enquêteurs, Mohamad D. s’est d’abord défendu lorsqu’il a été interrogé sur son passé en Syrie. Dans un premier temps, il avançait que la fiche d’enrôlement retrouvée à son nom au sein de l’EI pouvait être une homonymie avant de soutenir qu’il avait dû remplir cette fiche dans le seul but de passer la frontière. Mais, au fil des interrogatoires, il a reconnu avoir passé «une période d’essai» au sein de l’EI, qu’il aurait, selon lui, quitté après «deux, trois mois». Il a assuré n’avoir jamais combattu ni suivi d’entraînement malgré des photos le représentant en tenue militaire et armé.

Concernant celui qui était mineur, et qui envisageait de partir en Syrie, l’accusation a reconnu «sa grande immaturité» et «sa recherche de reconnaissance au sein d’un groupe d’individus plus âgés». Si cela contribue à expliquer son comportement, cela n’est «pas de nature à exonérer de sa responsabilité», a cependant tranché l’accusation. Le procès est prévu jusqu’au 11 avril.



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