pourquoi le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, a-t-il été arrêté ?

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By InfoHunter



pourquoi ekrem imamoglu a été arrêté

Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, féroce opposant à l’actuel président turc, Recep Tayyip Erdogan, a été arrêté ce mercredi matin. Son parti politique, le CHP (Parti républicain du peuple), dénonce un «coup d’Etat». 

Ekrem Imamoglu semble serein dans sa dernière vidéo, postée sur son compte X. On y voit le maire d’Istanbul (Turquie), redresser le col de sa chemise, ajuster sa cravate violette tout en parlant à la caméra. Pourtant, plusieurs policiers l’attendent au pas de sa porte, prêts à procéder à son arrestation.

«Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation», a-t-il annoncé.

L’homme a été interpellé mercredi, dans la matinée, avec plus d’une centaine de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti (le Parti républicain du peuple), qui dénonce aujourd’hui «un coup d’Etat» contre l’opposition. En effet, Ekrem Imamoglu représente le principal adversaire du président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son arrestation fait couler beaucoup d’encre.

Accusé de «terrorisme» et de «corruption»

Mais pourquoi a-t-il été interpellé ? Le politicien croule en réalité sous les procédures judiciaires à son encontre depuis plusieurs années. Cette fois-ci, Ekrem Imamoglu est accusé de «corruption» et, selon l’agence officielle Anadolu, de «terrorisme». Il aurait, toujours d’après l’agence étatique, «aidé» le PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, interdit dans le pays.

Dans un communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, le maire est désignant comme étant le chef d’une «organisation criminelle à but lucratif».  

Ekrem Imamoglu est le seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle, qui est prévue pour 2028. Il devait être officiellement désigné comme candidat ce dimanche.

Néanmoins, l’université de la ville d’Istanbul avait annulé, mardi, son diplôme, de quoi rajouter un nouvel obstacle sur son chemin. En Turquie, la Constitution exige un diplôme de l’enseignement supérieur pour toute candidature aux fonctions de chef de l’État.

En 2023, le quinquagénaire avait déjà été empêché d’être candidat à la présidentielle, à cause d’une condamnation en suspens pour «insulte» à des responsables du comité électoral turc. En début d’année, Ekrem Imamoglu avait dénoncé un «harcèlement» de la justice à son encontre.

Un «grave revers pour la démocratie»

Tous les rassemblements et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouvernement d’Istanbul, alors que certains habitants ne cachent plus leur mécontentement après ces arrestations. Une partie dénonce une «dictature».  

À l’international, le ministère allemand des Affaire étrangères a dénoncé un «grave revers pour la démocratie».





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