
Conservateurs et sociaux-démocrates se sont accordés ce samedi sur un durcissement des règles migratoires en Allemagne. Un accord de principe a été trouvé entre les deux partis opposés.
Conservateurs et sociaux-démocrates ont réussi à trouver un terrain d’entente. Les conservateurs du futur chancelier Friedrich Merz se sont accordés avec les sociaux-démocrates sur un net durcissement des règles migratoires en Allemagne dans le cadre d’un accord de principe conclu samedi.
Le document ne contient pas moins de 11 pages, rédigées à l’issue de consultations exploratoires, devant servir de base à des négociations détaillées en vue de former d’ici Pâques un gouvernement de coalition.
Un programme d’investissements gigantesque de plusieurs centaines de milliards d’euros affectés au réarmement et aux infrastructures, mais aussi un compromis sur le sujet migratoire qui les divisait jusqu’ici sont au coeur de cet accord.
Parmi les mesures envisagées, figurent notamment «des refoulements aux frontières communes» de migrants sans papiers «y compris pour les demandes d’asile (…) en accord avec nos voisins européens», a déclaré le chef des conservateurs devant la presse à Berlin.
«Dès le premier jour de notre gouvernement commun, nous allons renforcer massivement les contrôles aux frontières et, grâce à ces contrôles, nous allons aussi augmenter considérablement le nombre de refoulements», a-t-il ajouté.
«Nous voulons prendre toutes les mesures légales nécessaires pour réduire l’immigration irrégulière dans son ensemble», a martelé le conservateur, dont le camp a remporté l’élection législative du 23 février dernier.
Les attaques des dernières semaines dans toutes les têtes
L’immigration était au cœur de la campagne électorale, après plusieurs attaques meurtrières ces dernières semaines impliquant des étrangers, dont certains étaient en situation illégale en Allemagne et souffrant souvent de troubles psychiques.
Ces agressions ont fait le jeu du parti d’extrême droite anti-migrants Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a décroché le meilleur score de son histoire avec quelque 20% au scrutin.
Lors de la crise migratoire de 2015-2016, quand Angela Merkel était chancelière, l’Allemagne avait accueilli plus d’un million de réfugiés, majoritairement syriens et afghans.