de quoi le président américain va-t-il parler lors de son très attendu discours sur l’État de l’Union ?

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By InfoHunter



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Donald Trump doit prononcer son discours sur l’État de l’Union devant le Congrès américain ce mardi soir. L’occasion pour le locataire de la Maison Blanche de dresser son bilan depuis son investiture, mais aussi d’exposer ses priorités politiques et sa vision pour l’avenir du pays. 

Ce sera «grand», a-t-il promis sur Truth Social : le président américain Donald Trump prononce ce mardi soir son premier discours de politique générale face au Congrès, lui qui veut étendre le pouvoir présidentiel comme jamais dans l’histoire américaine récente, y compris face au législateur.

Le républicain de 78 ans, friand de mise en scène grandiose, sera servi mardi pour cet événement prévu à 21h locales (2h GMT mercredi) au Capitole de Washington. L’arrivée du président doit être annoncée à haute voix pendant que s’ouvrent les portes de l’hémicycle. Le chef de l’Etat s’avancera alors sous les applaudissements entre les travées, avant de prendre place au pupitre, sous l’œil du patron de la Chambre des représentants, aujourd’hui le républicain Mike Johnson, et du vice-président, JD Vance, officiant comme chef du Sénat.

Pour lancer son discours, le président américain devrait notamment revenir sur ce qu’il a entrepris en à peine un mois, tels que le déploiement de milliers de militaires à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration illégale, le renvoi de centaines de migrants illégaux, le départ des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une compétitivité mondiale mise à mal ? 

Face à un Congrès que son parti domine, Donald Trump devrait vanter les réussites économiques de ses premières semaines à la Maison Blanche, semaines presque suffocantes à force d’annonces spectaculaires.

Et pour cause, le locataire de la Maison Blanche a mis à exécution sa menace de taxer lourdement les produits des trois premiers partenaires commerciaux des Etats-Unis, avec l’entrée en vigueur ce mardi même, de droits de douane contre le Canada et le Mexique et de nouvelles taxes sur les importations chinoises, déclenchant une riposte rapide de Pékin et d’Ottawa, en plus de l’Union européenne taxée à hauteur de 25%.

Les craintes liées à ces guerres commerciales naissantes ont fait chuter les marchés en Asie et en Europe. Les importations en provenance du Canada et du Mexique seront désormais taxées à hauteur de 25%, et 10% pour les hydrocarbures canadiens. Au total, 918 milliards de dollars (environ 872 milliards d’euros) de produits provenant des deux voisins des Etats-Unis sont concernés, avec un impact réel attendu pour l’économie américaine.

Si le président américain avait souligné, durant sa campagne électorale, que «droits de douane» étaient ses «mots favoris», souhaitant les utiliser pour rééquilibrer la balance commerciale américaine, financer en partie sa promesse de baisser les impôts et imposer «le respect» aux partenaires des Etats-Unis, entre-temps les perspectives se sont assombries.

Le Conseil des entreprises Chine-Etats-Unis, qui compte 270 entreprises américaines, estime ainsi que les droits de douane «vont plomber notre compétitivité mondiale». Fin février, deux indices de confiance des consommateurs ont plongé, plombés par la crainte d’un rebond de l’inflation. Celle-ci peine à revenir vers les 2% visés par la Réserve fédérale (Fed) et a même accéléré légèrement fin 2024. Une donnée essentielle, alors que le président américain doit principalement sa victoire à sa promesse de faire baisser les prix et d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Or, selon la Fédération nationale du commerce de détail, taxer les produits canadiens et mexicains «forcera les Américains à payer plus chers pour leurs achats».

Donald Trump à l’oeuvre pour la «paix dans le monde»

Selon un article de Fox News, chaîne préférée de l’administration Trump, ses projets pour la «paix dans le monde» seront également évoqués. Le républicain entend dominer la pyramide du pouvoir, sans trop se soucier des contrepoids installés par la Constitution sous la forme du Parlement et des tribunaux.

Dans ce contexte, difficile pour Donald Trump de ne pas revenir sur son imbroglio avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky trois jours auparavant, sujet sur lequel il est particulièrement attendu dans son pays mais aussi par la communauté internationale. Cette même dispute spectaculaire, voire historique, qui a conduit à, non seulement la non-signature d’un accord sur les minerais, mais aussi la cessation de toute aide en Ukraine pour poursuivre l’effort de guerre contre la Russie.

Le locataire de la Maison Blanche avait déclaré vouloir une «rupture nette» avec la diplomatie «du passé», qui a fait de l’Amérique la garante de la sécurité des démocraties occidentales depuis 1945. Cette volonté de «rupture» se traduit, au plan domestique, par la nomination de fidèles à la tête de l’appareil judiciaire comme sécuritaire, par le démantèlement à marche forcée de la bureaucratie fédérale et par des attaques répétées contre la presse.

Quelle réaction pour l’opposition ?

Si l’audience ce mardi sera en majorité acquise à sa cause, Donald Trump devrait s’attendre à ce que les démocrates critiquent cette vision de la politique, notamment pour relancer ce parti anéanti et inaudible depuis la défaite de Kamala Harris en prévision des élections de 2028.

Depuis les élections de novembre, les républicains contrôlent en effet le tiercé Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat. Sans compter l’ancrage conservateur de la Cour suprême, dont trois juges ont été nommés par Donald Trump lors de son premier mandat.

Malgré l’atmosphère de triomphe qui règne ces dernières semaines à droite, des vents contraires commencent déjà à se faire sentir. Selon une compilation de sondages réalisée par le média FiveThirtyEight, une courte majorité d’Américains disent ainsi avoir une opinion défavorable du président Trump, sur fond de craintes d’une accélération de l’inflation.

De nombreux décrets exécutifs sont en outre attaqués en justice et pour certains suspendus dans l’attente d’une décision sur le fond.

Face au raz-de-marée médiatique et politique du milliardaire républicain, les démocrates peinent de leur côté à se faire entendre. La nouvelle sénatrice du Michigan, Elissa Slotkin, tentera d’y remédier en partie, en apportant la traditionnelle réponse de l’opposition au discours du président.

Cette ancienne analyste de la CIA de 48 ans, décrite par le chef démocrate Chuck Schumer comme une «étoile montante» du parti, a dit dans un communiqué avoir hâte de «parler directement au peuple américain», sans mentionner le président des Etats-Unis.



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