
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé ce dimanche 2 mars le lancement d’une «grande conversation» avec les Français à travers le pays sur les finances publiques, dont elle veut améliorer le pilotage.
«Remettre les Français dans le cockpit du budget». Dans un entretien accordé à la Tribune du Dimanche, Amélie de Montchalin a annoncé le lancement d’une «grande conversation» avec les Français au sujet des finances publiques.
«Aujourd’hui, nos concitoyens voient les finances publiques comme une matière incompréhensible. Ils ont le sentiment que les budgets se préparent dans leur dos, que les décisions difficiles se prennent sans eux, mais que ce sont eux qui paient», a analysé la ministre des Comptes publics ce dimanche.
Cet échange, qu’elle souhaite «apaisé», sera ainsi «ouvert dans quelques semaines». Il aura pour objectif de «mettre de la transparence, de partager un diagnostic, de répondre aux idées reçues, voire aux fake news», autour des questions budgétaires.
«Ouvrir la boîte noire de Bercy»
Après un dérapage du déficit public en 2023 et 2024, Amélie de Montchalin et son collègue de l’Économie Eric Lombard doivent présenter ce lundi un plan d’action pour améliorer le pilotage des finances publiques et veiller à ce que l’objectif d’un déficit à 5,4% du PIB cette année soit tenu.
«Nous allons avec Éric Lombard ouvrir la boîte noire de Bercy», a-t-elle expliqué. Les groupes politiques du Parlement ayant été consultés sur la difficile construction du budget 2025 après la censure du gouvernement Barnier en décembre, «nous nous faisons donc un devoir de suivre sa mise en oeuvre avec ces mêmes parlementaires de façon tout aussi inédite».
Début avril, avant l’été et à l’automne, «nous allons ainsi convier les parlementaires dans le cadre d’une nouvelle structure d’alerte, à laquelle participeront les ministres concernés, les collectivités, les acteurs de la sphère sociale, pour mettre sur la table l’état précis des recettes et des dépenses à l’instant t et prendre des mesures de correction si celles-ci s’imposent», a-t-elle développé.