
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a donné plus de précisions ce samedi soir sur l’attaque au couteau qui a eu lieu à Mulhouse dans la journée, tuant une personne et blessant grièvement trois policiers municipaux. Il a mis en lumière le profil de l’assaillant, les manquements de la justice et la responsabilité de l’Algérie dans ce dossier.
Une volonté de durcir la législation française et les relations diplomatiques avec l’Algérie. Quelques heures après l’attaque au couteau à Mulhouse, ayant fait un mort et trois policiers municipaux gravement blessés, Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, a dévoilé les premières informations autour du suspect et de cette affaire lors d’une conférence de presse ce samedi soir.
D’après un syndicat de police contacté par CNEWS, le suspect, né en Algérie, était fiché au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) et était sous le coup d’une OQTF.
Trois agents de stationnement agressés au couteau
Bruno Retailleau a indiqué que l’individu, qui devait pointer au commissariat de Mulhouse car assigné à résidence, était «arrivé à 14h26» mais qu’il n’avait pas fait son pointage.
Le ministre de l’Intérieur a ajouté que ce dernier a agressé au couteau, entre 15h40 et 15h50, «des agents de stationnement de Mulhouse, dont l’un des trois plus grièvement car touché au thorax et à l’aorte bien que sa vie n’est pas en danger actuellement».
Un homme de nationalité portugaise âgé de 69 ans a été mortellement poignardé dans ce laps de temps, sans que l’on ne sache «s’il s’est interposé ou s’il s’est fait agresser par hasard», selon le ministre.
Bruno Retailleau : «L’individu était très dangereux, il était armé d’un couteau, mais aussi d’un tournevis» pic.twitter.com/DdtTI6yiyh
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«La police a interpellé le suspect, armé d’un couteau et d’un tournevis. Un policier a sorti son arme mais il n’a pas tiré, ils ont neutralisé le suspect avec une matraque», a précisé Bruno Retailleau.
DIX tentatives de laisser-passer consulaire refusée par l’Algérie
Le ministre a ensuite dévoilé le profil de l’assaillant, déjà bien connu des services de police. L’agresseur est «arrivé irrégulièrement en France en 2014».
Bruno Retailleau : «C’est un individu qui est arrivé illégalement sur le territoire en 2014» pic.twitter.com/NrzcD2GJRf
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«Il a été interpellé pour apologie du terrorisme en 2023, peu après les attentats du 7-Octobre. Il a écopé de 6 mois de prison mais a été libéré 50 jours avant le terme de sa peine. Il a été retenu dans un centre de rétention administrative (CRA). On a essayé d’avoir un laissez-passer consulaire à 10 reprises, mais aucune réponse n’a été donnée par l’Algérie. On a tenté de prolonger la rétention de 90 jours en CRA mais il a finalement été libéré et assigné à résidence», a détaillé Bruno Retailleau.
Bruno Retailleau : «Le terrorisme islamiste vient, à nouveau, de frapper la France» pic.twitter.com/5HzUfRpIQA
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Face à ce manque de coopération de l’Algérie, le ministre de l’Intérieur a été particulièrement ferme, demandant même à durcir le ton diplomatique.
«Le terrorisme islamiste a à nouveau frappé la France. C’est le fait de désordre migratoire qui cause ces dégâts. On octroie beaucoup de visas à l’Algérie, la France a beaucoup tendu la main, aucun pays n’a un droit de tirage pour humilier la France. Je suis partisan de poser un rapport de force après l’échec de la méthode douce avec une application de la réciprocité», a martelé Bruno Retailleau.
Un profil de «schizophrène» détecté
Concernant le profil psychologique de l’assaillant, le ministre a dévoilé que ce dernier était «schizophrène».
«On doit changer les règles. C’était un individu condamné pour apologie du terrorisme. Il avait fait l’objet d’une expertise lors de son arrestation qui a conclu à un profil de schizophrène. Ces individus devraient être maintenus en rétention jusqu’à ce qu’ils retournent dans leur pays (…) Il faut bouger les règles maintenant, ça suffit», a affirmé Bruno Retailleau.
Ému par ce nouveau drame, le ministre de l’Intérieur a fait part de sa déception de ne pas avoir pu l’empêcher en amont, tout en soulignant tout de même que ses services avaient «déjoué 9 attentats terroristes l’an dernier».