
Le Forum de l’islam de France (Forif) avait été lancé en février 2022 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur. Son successeur, Bruno Retailleau, tient ce mardi 18 février, une réunion formelle avec les membres de cette plate-forme prévue pour fluidifier le dialogue entre l’État et le culte musulman.
Faire le point sur l’avancée des travaux du Forif. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau reçoit ce mardi 18 février les membres du Forum de l’islam de France, une plate-forme de dialogue entre l’État et le culte musulman.
L’instance, composée d’acteurs de terrain désignés par les pouvoirs publics, avait été créée en février 2022 sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin. Sa création s’inscrivait dans le sillage de la loi dite contre le «séparatisme», adoptée en août 2021 pour assurer le respect des principes de la République et réformer le régime des cultes.
Concrètement, il s’agissait avec le Forif d’ouvrir «une nouvelle page» dans la structuration du culte musulman en s’appuyant sur des acteurs de terrain, identifiés par les préfets, plutôt que sur «l’islam consulaire», c’est-à-dire via les fédérations affiliées aux anciens pays d’origine comme le Maroc, l’Algérie ou la Turquie.
Selon les chiffres de l’Insee, en 2020, l’islam était la deuxième religion de France derrière le catholicisme. Néanmoins, contrairement au culte catholique très fortement organisé, le culte musulman est plus libre, ce qui rend ses interactions avec l’État et les pouvoirs publics plus complexes.
plusieurs chantiers en cours
Le Forif qui a rassemblé 86 personnes lors de l’édition de 2024, (50 responsables associatifs, 18 cadres religieux, 7 avocats et juristes et 11 membres de la société civile), travaille depuis 2022 sur plusieurs sujets afin d’encadrer le culte musulman.
Lors de la première session en 2022, quatre grands axes avaient été lancés : l’organisation des aumôneries, la professionnalisation des imams, la gestion des associations du culte musulman et la sécurité des lieux de culte et les actes antimusulmans.
En 2024, lors de la seconde session, les chantiers de l’accès aux assurances, de la création de carrés musulmans dans les cimetières, des ressources des associations et de l’organisation du culte ont été ajoutés.
C’est donc l’avancée de l’ensemble de ces travaux qui va être présentée ce mardi à Bruno Retailleau. Pour autant, le Forif qui succède au Conseil français du culte musulman (CFCM) comme l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, fait face à des difficultés.
En effet, la plate-forme de discussions est une impulsion de l’État, qui du fait du principe de laïcité, ne peut prendre de décision sur la pratique cultuelle. Pour le sociologue et chercheur au CNRS Franck Frégosi, la création du Forif «exprimait la décision d’en finir avec l’influence des États étrangers sur le cours de l’islam en France et avec les fédérations nationales qui en sont les relais».
Néanmoins, il a déploré que cette volonté d’encadrer et d’organiser le culte musulman en France puisse «s’apparenter à une tentative de domestication» de cette religion.