quelle est cette stratégie de communication utilisée par Donald Trump pour s’assurer un avantage dans les rapports de force ?

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By InfoHunter



stratégie de communication de donald trump

Avec de nombreuses déclarations jugées peu diplomatiques depuis son investiture le 20 janvier, Donald Trump s’essayerait à la «théorie du fou». Une stratégie osée pour récupérer un avantage dans les rapports de force.

Le Canada, la bande de Gaza ou encore le Groenland… Les dernières déclarations de Donald Trump sont pour le moins musclées et cela serait voulu. Il s’agit en effet d’une stratégie, nommée «théorie du fou» qui a pour objectif de prendre un avantage dans les rapports de force.

Rien de nouveau jusque-là, puisque cette tactique originellement appelée «madman theory» a été popularisée lors de la guerre froide, par Richard Nixon, dans le cadre de la guerre du Vietnam. 

Plus de cinquante ans après le mandat du 37e président des États-Unis, Donald Trump s’essayerait donc à cet exercice. Depuis son investiture le 20 janvier 2025, et même avant, le républicain a multiplié les déclarations déconcertantes. À commencer par le fait de vouloir placer le canal de Panama sous contrôle américain

Le 2 février, Donald Trump écrivait sans langue de bois sur Truth Social, son réseau social, que «le Canada doit devenir notre cher 51e État». Et à peine quatre jours plus tard, le Républicain annonçait vouloir transformer la bande de Gaza en «Côte d’Azur du Moyen-Orient».

en quoi consiste réellement cette stratégie ?

Pour faire simple, la «théorie du fou» est souvent utilisée à travers des propos chocs, afin de montrer que le dirigeant peut être imprévisible. De quoi instaurer la peur dans la tête de ses concurrents et ainsi prendre le dessus dans les relations internationales.

L’une des déclarations fortes de Donald Trump a aussi concerné l’annexion du Groenland, point stratégique et rempli de ressources naturelles. Mais quelques jours plus tard, le 47e président des États-Unis calmait le jeu, en annonçant exclure tout recours à la coercition militaire. 

«Tout cela relève en grande partie de la grandiloquence et de la fanfaronnade», déclare Dan Hamilton, expert en politique étrangère à la Brookings Institution, à la NPR, la radio publique américaine. «C’est aussi une tactique éprouvée de Donald Trump : désorienter son partenaire de négociation, le mettre sur la défensive parce qu’il veut obtenir un meilleur accord pour ses véritables objectifs». Ici, après négociations, le 47e président des États-Unis espérerait tenir à distance ses potentiels adversaires, dont la Chine. 

Une tactique à double tranchant

Selon plusieurs professeurs de sciences politiques, le fait que Donald Trump «utilise délibérément la théorie du fou» ne fait nul doute. Et pour Michael O’Hanlon, chercheur au think tank Brookings, les propos du président américain doivent tout de même être pris «au mot». «Cela peut souvent être le signe avant-coureur de quelque chose qui pourrait réellement se produire», prévient-il.

Mais cette stratégie pourrait également se retourner contre son utilisateur. À force de propos chocs non suivis d’effets, ceux qui y croient un temps, pourraient finir par changer d’avis. 

Un scénario appelé «cri au loup». «Les gens passent leur temps à s’inquiéter de quelque chose qui n’arrivera pas et on finit par perdre sa crédibilité», détaille un ancien ambassadeur auprès de l’OTAN.



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