Donald Trump a assuré ce jeudi qu’il allait imposer des «droits de douane réciproques» pour «rétablir l’équité» dans les relations commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde, sans toutefois donner d’échéance précise.
Une guerre commerciale mondiale. Après avoir menacé le Mexique, le Canada, la Chine, et même l’Europe, d’une augmentation des droits de douane pour les produits qui entrent sur le sol américain, Donald Trump a confirmé ses intentions ce jeudi, annonçant sa volonté d’imposer des «droits de douane réciproques» avec le reste du monde. Aucun pays, ni aucune échéance n’a été évoquée à ce stade.
«S’ils nous imposent un droit de douane, on leur impose exactement le même niveau de droit de douane ou de taxe, c’est aussi simple que ça», a déclaré Donald Trump depuis la Maison Blanche, avant un entretien avec le Premier ministre indien Narendra Modi. L’Inde de Narendra Modi applique des droits de douane de 25% sur les voitures américaines, ce qui voudrait dire que les Etats-Unis pourraient faire de même sur les véhicules indiens.
résorber le déficit commercial du pays
Le gouvernement n’a toutefois pas donné d’échéance précise, alors qu’il impose déjà, depuis le retour de Donald Trump, 10% de droits de douane additionnels sur les produits chinois, et bientôt 25% de droits de douane sur l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis. Si elle était mise en place, cette politique de réciprocité pourrait représenter un coup sévère pour certaines économies émergentes, tels le Brésil ou la Thaïlande, qui fixent des barrières douanières plus élevées pour protéger leurs économies respectives.
Le président a admis que les prix «pourraient augmenter à court terme» pour les ménages américains, mais estimé qu’ils finiraient par reculer. Il juge que le pays profiterait de ces barrières douanières destinées à mieux protéger l’industrie de la concurrence et à résorber le déficit commercial du pays, qui dépasse 1.000 milliards d’euros. Donald Trump compte imposer aux produits qui arrivent aux Etats-Unis le même niveau de taxes que ce que le pays d’origine fait peser sur les produits américains.
Mais l’exécutif américain ne veut pas en rester là : il vise aussi les barrières non douanières telles que des réglementations pénalisant les produits américains, ou encore la TVA que les Etats prélèvent sur chaque achat. L’Allemagne applique par exemple sur tous les produits vendus dans le pays – allemands comme étrangers – une taxe de 19%. Le mécanisme est qualifié de «punitif» par Donald Trump, car se cumulant avec les droits de douane à l’entrée dans le pays.
Les alliés des Etats-Unis se «comportent souvent moins bien que nos ennemis» sur le plan commercial, a lancé le chef de l’Etat, jugeant «extrêmement dur» le comportement de l’Union européenne sur le plan des affaires.
La mesure adoptée dans «quelques mois»
Dans un mémo signé dans la foulée, Donald Trump demande à ses équipes de faire une revue complète des disparités commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde pour mettre en place des droits de douane «réciproques», «personnalisés» pays par pays, selon des précisions apportées par un responsable de la Maison Blanche à la presse. La revue devrait «prendre quelques semaines ou quelques mois, mais pas plus», selon la même source.
La journée de jeudi avait commencé avec un message du président américain annonçant un «grand jour» sur le front de la guerre commerciale entamée depuis le début de son mandat. Ce furent «trois semaines extraordinaires, peut-être les meilleures jamais eues, mais aujourd’hui c’est le grand jour : droits de douane réciproques!!!», a écrit le président sur son réseau Truth Social, accompagné de son célèbre slogan «Make America Great Again».
Nombre d’analystes s’attendent à voir les prix augmenter pour les Américains, car les droits de douane sont réglés par les importateurs, qui les répercutent généralement à leurs acheteurs. Or le mécontentement des ménages face au renchérissement des biens de consommation courante a été analysé comme l’une des raisons de la victoire de Donald Trump lors de l’élection du 5 novembre.
Mercredi, un indice d’inflation a jeté une ombre au tableau : les prix à la consommation ont augmenté en janvier de 3% sur un an, en accélération, et ce avant même l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane.