la justice ordonne à la ville d’abandonner ce nom jugé «raciste et sexiste»

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By InfoHunter


La cour administrative d’appel de Bordeaux (Gironde) s’est prononcée ce jeudi 6 février sur le sort du quartier de «La Négresse» à Biarritz. Son nom, jugé «raciste et sexiste» par les plaignants, doit être changé.

La justice a tranché : le quartier de «La Négresse» à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) doit changer de nom. Saisie par l’association Mémoire et Partages, qui jugeait ce sobriquet «raciste et sexiste», la cour administrative d’appel de Bordeaux a ordonné, ce jeudi 6 février, l’abandon de ce mot «de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine».

«La cour juge que, quelles que soient l’origine supposée de cette appellation et sa dimension historique revendiquée par la commune de Biarritz, le terme « La Négresse » évoque aujourd’hui, de façon dévalorisante, l’origine raciale d’une femme dont l’identité n’a d’ailleurs pas été formellement identifiée», peut-on lire dans un communiqué.

D’après l’histoire locale, le quartier de «La Négresse» aurait en effet été nommé ainsi en lien avec une femme noire employée dans un café du quartier au 19e siècle. Mais, ce jeudi, la justice a estimé que ce nom peut être perçu par la population, «qu’elle soit résidente ou de passage, comme comportant un caractère offensant à l’égard des personnes d’origine africaine».

Une «connotation insultante»

Lors de l’audience, le 16 janvier dernier, la rapporteure publique avait déjà estimé que «l’évolution sémantique» du mot «négresse» lui confère aujourd’hui une «connotation insultante» pouvant «porter atteinte à la dignité humaine».

Cette affaire divise depuis plusieurs années puisque l’association Mémoire et Partages avait demandé dès 2020 l’abrogation de deux délibérations de 1861 et 1986 ayant baptisé du nom «La Négresse» un quartier et une rue de la ville. A l’époque la maire de Biarritz, Maider Arosteguy (LR), avait refusé.

L’association avait alors saisi le tribunal administratif de Pau qui, en première instance, en décembre 2023, avait rejeté la requête de Mémoires et Partages, estimant que le nom du quartier et d’une rue était une «perspective mémorielle en hommage» à cette femme qui aurait servi dans une auberge du quartier.

La procédure en appel a donc finalement donné raison à l’association dont le directeur et fondateur, Karfa Diallo, a expliqué au micro de CNEWS qu’il n’est pas question de «wokisme» mais d’une «considération, du respect à avoir vis-à-vis des femmes et des femmes noires». «Nous avons à interroger notre langage, notre façon d’appeler les autres, quels qu’ils puissent être», a-t-il ajouté. 

A présent la ville de Biarritz dispose d’un «délai de trois mois» pour saisir son conseil municipal, «seul compétent pour décider de modifier le nom d’un lieu-dit situé sur le territoire de la commune, pour qu’il procède à l’abrogation des délibérations» en question.



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