Corneille Nangaa et Jean-Jacques Mamba, qui sont les dirigeants de l’Alliance fleuve Congo sous le coup d’un mandat d’arrêt international ?

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By InfoHunter


Alors que l’Alliance fleuve Congo, dont le M23 fait partie, est entrée à Goma et se dirige vers Kinshasa, Corneille Nangaa et Jean-Jacques Mamba font l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice congolaise pour crimes de guerre. Mais quel rôle jouent ces deux hommes ?

Qui est aux commandes de l’Alliance fleuve Congo (AFC), coalition militaire dont le M23 fait partie ? Depuis ce mercredi 5 février, deux noms font la une de la presse locale : Corneille Nangaa et Jean-Jacques Mamba. En effet, tous deux sont visés par un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre émis par la justice congolaise.  

«Nous ordonnons que Monsieur Corneille Nangaa Yobeluo, soit arrêté en tous lieux qu’il se trouve et conduit sur le territoire national congolais sous bonne garde et remis aux autorités compétentes», est-il ainsi écrit dans le mandat signé par le colonel Magistrat Mbuta Muntu Awirande Parfait, avocat général près la Cour militaire de Kinshasa/Gombe.

Retour en 2018. Alors qu’il est à la tête de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa mène Félix Tshisekedi à la présidence du Congo – il avait d’ailleurs été accusé d’avoir manipulé les élections -, mais cinq ans plus tard, il devient l’opposant de l’actuel chef de l’Etat, donnant naissance à son parti politique Action pour la dignité du Congo et de son peuple (ADCP).

Il se porte alors candidat à la présidentielle de décembre 2023, mais échoue. Se considérant menacé par le pouvoir après avoir dévoilé l’existence d’un accord confidentiel entre l’ancien président Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, Corneille Nangaa choisit l’exil, direction le Kenya. C’est donc depuis Nairobi qu’il annonce la création de la coalition politico-militaire Alliance Fleuve Congo dont le M23 fait partie.

Agir «par tous les moyens»

Depuis, Corneille Nangaa a su s’entourer. Le 26 février 2024, l’ancien porte-parole du parti politique Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Jacques Mamba – éxilé en Belgique – a annoncé son adhésion à l’AFC. Lors d’un point presse à Bruxelles, il s’était alors montré très critique à l’égard du président Félix Tshisekedi, qu’il a qualifié de «pire» chef d’Etat que son prédécesseur.

Fils de militaire ayant péri dans l’est du Congo, ce dernier a justifié son ralliement par sa volonté «de pacifier» son pays. «En confisquant le pouvoir par un coup d’État constitutionnel, Tshisekedi a légitimé le combat de l’Alliance fleuve Congo et rendu possible l’adhésion de tout démocrate à cette organisation», a-t-il estimé auprès de mediacongo.net. «Par mon engagement au sein de l’AFC, je me suis dit que je pourrai peut-être apporter tant soit peu, une petite contribution intellectuelle à cette question dite de l’Est», a-t-il poursuivi.

L’Alliance Fleuve Congo et ses dirigeants ont depuis la naissance du mouvement, l’objectif de «mettre fin au pouvoir de Kinshasa par tous les moyens». Lors de son premier rassemblement survenu ce jeudi, le M23, soutenu par le Rwanda, a assuré vouloir «libérer tout le Congo». Depuis la reprise des combats à Goma, au moins 2.900 personnes ont perdu la vie selon un bilan de l’ONU et ce dernier risque encore de s’alourdir. 



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