De retour à la Maison Blanche, Donald Trump a laissé entendre qu’il voulait avoir accès aux terres rares ukrainiennes, en échange de l’aide américaine apportée au pays. Ces métaux stratégiques sont très utilisés dans l’électronique.
Indispensables à l’économie de demain, les terres rares sont particulièrement convoitées. Revenu à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a d’ailleurs affirmé vouloir négocier un «accord» avec l’Ukraine pour avoir accès à celles du pays, en contrepartie de l’aide américaine apportée à Kiev face à l’invasion russe.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a semblé valider ce projet puisqu’il a assuré, mardi 4 février, que son pays était prêt à recevoir des «investissements d’entreprises américaines» dans ce secteur. «Nous sommes ouverts au fait que cela puisse être développé avec nos partenaires, qui nous aident à protéger notre territoire», a-t-il ajouté, jugeant cela «équitable».
Des propriétés uniques
Les «terres rares», désignent les 17 matières premières découvertes à la fin du XVIIIe siècle en Suède. Chacune possède différentes propriétés, mais elles ont toutes été regroupées sous une même appellation, car elles sont souvent présentes dans les mêmes sols.
Ces métaux stratégiques sont très utilisés dans l’industrie et notamment dans l’électronique. On peut en trouver dans un drone, une éolienne, un disque dur, un moteur de voiture électrique, une lentille de télescope ou encore un avion de chasse. L’europium est, par exemple, utilisé dans la fabrication des écrans de télévision, le cérium, lui, est destiné au polissage du verre, et on retrouve le lanthane dans les catalyseurs des moteurs à essence.
Nombre de ces éléments disposent de propriétés uniques qui les rendent difficilement remplaçables. Le néodyme et le dysprosium, sont notamment indispensables à la fabrication des aimants permanents des éoliennes en mer. Grâce à ces métaux, ces équipements nécessitent peu d’entretien et affichent de fortes performances, même s’ils sont installés loin des côtes.
Contrairement à ce que semble indiquer leur nom, les terres rares sont nombreuses sur la planète. Dans un bilan de 2024, l’US Geological Survey évaluait à 110 millions de tonnes les réserves mondiales : 44 millions de tonnes en Chine, 22 millions au Vietnam, 21 millions au Brésil, 10 millions en Russie et 7 millions en Inde.
La demande devrait toutefois continuer à augmenter puisque, selon les calculs de l’université KU Leuven pour Eurométaux, l’Union européenne aura besoin de 26 fois plus de terres rares qu’à l’heure actuelle pour atteindre la neutralité carbone en 2050.