L’organisme de surveillance de la qualité de l’air Auvergne-Rhône-Alpes a indiqué avoir mesuré des polluants éternels dans l’air ambiant à Lyon et dans la zone industrielle située au sud de la ville, à Pierre-Bénite.
On les appelle PFAS ou polluants éternels et, pour la première fois en France, des études ont permis de mesurer leur concentration dans l’air ambiant, à Lyon (Rhône). Pour ce faire, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air Auvergne-Rhône-Alpes (Atmo Aura) a indiqué ce mercredi 5 février avoir utilisé des préleveurs d’air à haut débit.
Les résultats ont montré des taux de l’ordre de la centaine de picogrammes/m3 sur la commune de Pierre-Bénite, située au sud de Lyon et qui abrite des usines Daikin et Arkema utilisant des PFAS. Dans le centre de la capitale des Gaules, les taux sont moindres, autour de la dizaine de picogrammes par m3.
La nocivité des PFAS, qui se caractérisent par leur persistance dans l’environnement, n’est plus à prouver mais, pour l’heure, «on ne peut pas dire quel est l’impact» des relevés réalisés à Lyon. La directrice générale d’Atmo Aura, Marine Latham, explique qu’«en l’absence de valeurs de référence, on ne sait pas quel taux est délétère pour la santé».
Etablir une «valeur toxicologique de référence»
Selon elle, les mesures semblent toutefois s’inscrire dans «une gamme logique» par rapport aux rares études comparables effectuées à l’étranger, notamment au Japon, en Chine ou aux Etats-Unis.
Sachant que l’air est à la fois «un facteur de transport important mais aussi de dilution», Marine Latham n’est par ailleurs pas surprise de constater la persistance de PFAS dans l’air ambiant à une dizaine de kilomètres de la source, à savoir les usines de la plate-forme chimique de Pierre-Bénite.
En aidant à créer une base de données initiales, ces tests visent justement à établir, à terme, «une valeur toxicologique de référence». Surnommée «la vallée de la chimie», la zone industrielle en aval de Lyon est adaptée à ce genre de recherches puisqu’elle est considérée comme l’une des zones de France les plus polluées aux PFAS.
Depuis 2022, les industriels émetteurs de ces polluants éternels doivent respecter de nouvelles règles. Selon la préfecture du Rhône, les mesures de traitement prises par Daikin à l’été 2024 ont réduit de 90% ses rejets de PFAS dans l’air. Fin décembre, Arkema a par ailleurs mis fin à l’usage de 6:2FTS, une molécule retrouvée dans l’air lyonnais par Atmo.