Principal suspect dans l’affaire de la disparition d’Amandine Estrabaud en 2013 dans le Tarn, Guerric Jehanno s’est pourvu en cassation après avoir été condamné à 30 ans de réclusion. La haute juridiction doit se prononcer ce mercredi 5 février.
Déjà condamné trois fois à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol et le meurtre d’Amandine Estrabaud en 2013, Guerric Jehanno attend un ultime verdict ce mercredi 5 février : celui de la Cour de cassation. Ce maçon aujourd’hui âgé de 35 ans l’avait saisi pour tenter de contester sa dernière condamnation, en janvier 2024.
Cette affaire vieille de plus de dix ans a en effet été marquée par des jugements successifs : Guerric Jehanno avait été condamné une première fois à 30 ans d’emprisonnement en 2020 par la cour d’assises du Tarn et cette décision avait par la suite été confirmée en appel, avant d’être annulée en 2022 pour vice de procédure, en raison d’un arrêt mal rédigé.
Le troisième procès, à Montauban en janvier 2024, s’était toutefois soldé par le même verdict : 30 ans de réclusion criminelle pour viol et meurtre. A l’époque, l’avocat de la famille de la victime, Me Pierre Debuisson, avait déclaré : «aucun dossier criminel français ne s’est jamais soldé par trois condamnations à 30 ans de réclusion criminelle dans une affaire sans corps, sans aveu, sans une goutte de sang et sans ADN».
Un alibi qui ne tient pas
Amandine Estrabaud, 30 ans, a disparu le 18 juin 2013, dans le Tarn, après avoir quitté le lycée de Castres où elle travaillait comme surveillante pour rejoindre son domicile de Rocquecourbe à pied. Elle avait été aperçue ce soir-là par sa voisine, alors qu’elle descendait d’un fourgon blanc avec un homme.
Après trois ans d’enquête, le seul profil suspect retenu était celui de Guerric Jehanno, qui habitait lui aussi à Rocquecourbe et travaillait à l’époque sur un chantier dans ce village. Sa tenue de travail ainsi que son véhicule de fonction étaient apparus similaires à ceux aperçus par la voisine de la victime.
Le maçon connaissait Amandine Estrabaud et ne disposait pas d’un alibi convaincant selon l’accusation. Il avait en effet affirmé avoir joué à la Playstation toute la soirée, alors même que les données de la console indiquaient qu’elle n’avait pas été allumée ce jour-là.
Placé en garde à vue dès 2014, Guerric Jehanno avait dans un premier temps été relâché sans aucune charge, avant d’être mis en examen plus tard pour enlèvement et séquestration. Placé en détention provisoire en avril 2016 il aurait, selon des codétenus, décrit la façon dont il avait violé et tué une femme de son village.
D’après ces témoins, le maçon aurait même dessiné un plan sur lequel il aurait inscrit le prénom «Amandine» pour indiquer le lieu où il aurait enterré le corps de la victime. Interrogé à ce sujet par les enquêteurs, Guerric Jehanno avait assuré que ce plan n’indiquait rien de plus que des emplacements de pêche et de cueillette de champignons.