Tandis que l’armée israélienne a annoncé poursuivre ses raids sur la Cisjordanie dans le but de supprimer des cellules terroristes, la présidence palestinienne, elle, a dénoncé ces opérations militaires. De quoi fragiliser la trêve à Gaza ?
Une trêve qui ne tient qu’à un fil. Israël a mené, ce dimanche 2 février, une vaste opération militaire dans le nord de la Cisjordanie, marquée par la destruction de nombreux bâtiments, selon l’armée israélienne. Celle-ci a affirmé avoir tué plus de 50 «terroristes» dans ce territoire depuis le 14 janvier. Comme pour le Hamas dans la bande de Gaza, Israël accuse l’Iran de financer aussi le Jihad islamique en Cisjordanie. Appuyées par des bulldozers, des drones et des véhicules blindés, les forces israéliennes avaient lancé le 21 janvier leur opération à Jénine contre les combattants palestiniens affiliés au Hamas et au Jihad islamique.
Une trêve fragilisée ?
Soit deux jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.
Cette opération, qualifiée de «très politique» par les détracteurs du premier ministre Benjamin Netanyahou, pourrait fragiliser le contexte de trêve à Gaza. L’armée israélienne a précisé dimanche avoir détruit «23 bâtiments accueillant des infrastructures terroristes». De plus, elle a avoué avoir tué un ancien détenu palestinien, relâché par Israël en novembre 2023 dans le cadre du premier échange prisonniers-otages. La mort de cet homme, Abed al-Hadi Kamil, alimente les tensions qui règnent entre israéliens et palestiniens. Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a de son côté condamné la décision israélienne de «faire sauter de grands quartiers du camp de Jénine».
Condamnant les opérations militaires israéliennes, notamment dans le nord de la Cisjordanie ces derniers jours, Nabil Abou Roudeïna, le porte-parole palestinien a accusé Israël de «mettre en œuvre des plans de déplacement forcé et de nettoyage ethnique».
Si ces violences se poursuivent, a-t-il estimé, elles pourraient mener à «une explosion incontrôlable de la situation, dont tout le monde paierait le prix». Le ministère de la Santé palestinien a affirmé que depuis le début de l’année, 70 Palestiniens, dont dix enfants, avaient «été tués par l’occupation israélienne» en Cisjordanie.
Benjamin Netanyahou à Washington
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est au Etats-Unis cette semaine où il est parti à la rencontre de Donald Trump. Son but ? La reprise des négociations, par médiateurs interposés, entre Israël et le Hamas sur la deuxième phase du cessez-le-feu. Celle-ci est censée permettre la libération des derniers otages retenus dans la bande de Gaza et la fin définitive de la guerre, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023. Si les tensions persistent au Proche-Orient, la trêve reste encore cruciale pour trouver un début de sortie de crise.