Gabriel Attal a indiqué ce dimanche 2 février son intention de poursuivre son combat pour faire évoluer la justice des mineurs. L’ancien Premier ministre, redevenu député de la Nation, souhaite, grâce à son projet de loi, «en finir avec l’excuse systématique de minorité» et «responsabiliser les parents».
Envoyer un message de fermeté. Dans un entretien au JDD, Gabriel Attal est revenu sur sa proposition de loi visant à réformer la justice des mineurs. Cette dernière, qu’il portait déjà lorsqu’il était Premier ministre, doit être examinée par l’Assemblée nationale le 12 février prochain.
«Avec mon gouvernement, nous avions préparé un texte de loi pour durcir notre politique pénale face à la délinquance des mineurs, mais la dissolution est passée par là. J’ai donc décidé de le présenter en tant que député, et je salue le choix de François Bayrou de le reprendre», a d’abord expliqué Gabriel Attal.
Le député des Hauts-de-Seine a estimé que les critiques visant son projet de loi, jugé trop répressif, étaient l’illustration du «déni de la gauche et de ceux qui refusent de voir la réalité». En effet, Gabriel Attal a rappelé qu’un «vol avec violences sur trois est aujourd’hui commis par un mineur».
«Nous sommes dans une situation où des jeunes se font tuer pour un téléphone portable», a-t-il ajouté, faisant référence à la mort d’Elias, 14 ans, tué à l’arme blanche par deux mineurs dans le 14e arrondissement de Paris.
Inclure les parents dans l’addition
Pour autant, s’il souhaite un durcissement de la justice des mineurs, Gabriel Attal a rappelé que «supprimer l’excuse de minorité reviendrait à dire qu’il n’existe plus de justice pénale spécifique aux mineurs, et donc à juger un mineur comme un majeur. C’est contraire à la Constitution.»
Avec son texte de loi, le député veut néanmoins «en finir avec l’excuse systématique de minorité» et mettre en place une «procédure de comparution immédiate pour les mineurs», qui n’existe pas à ce jour.
Enfin, Gabriel Attal entend inclure les parents dans l’addition et les mettre face à leurs responsabilités. «Par exemple, autoriser son enfant à sortir toutes les nuits en connaissance de cause ou ne pas veiller à ce qu’il aille à l’école pourra faire l’objet de sanctions pour les parents», a-t-il expliqué.
Ces modifications permettraient de sanctionner un mineur sans avoir à attendre «des manquements graves» aux règles et lois françaises.