Dans un entretien accordé à CNEWS, l’avocat de la famille de Delphine Jubillar, Me Mourad Battikh, est revenu sur le procès de Cédric Jubillar, qui aura lieu en septembre 2025 devant la cour d’assises du Tarn.
Accusé d’avoir fait disparaître son épouse Delphine en décembre 2020, Cédric Jubillar, peintre-plaquiste de 37 ans, comparaîtra devant la cour d’assises du Tarn, à Albi, entre la fin septembre et octobre 2025.
Le renvoi aux assises, une première fois décidé en novembre 2023, avait notamment été retardé par un supplément d’information lié à de nouveaux éléments mais les investigations complémentaires n’avaient finalement rien changé à l’ordonnance de mise en accusation.
On parle, ici, d’un des procès les plus attendus en France cette année. Cédric Jubillar, principal accusé, est mis en examen pour le meurtre de son épouse et est placé en détention depuis le 18 juin 2021.
La particularité du dossier de la disparition de Delphine Jubillar est que, jusqu’à présent, aucun corps n’a été retrouvé. De plus, cette affaire est marquée par aucun aveu, ni témoin, ni scène de crime, ni preuve irréfutable. D’ailleurs, selon Me Alexandre Martin, l’un des trois avocats de Cédric Jubillar, il s’agit d’un procès, dont le délai a été décidé lors d’une réunion de préparation organisée à la cour d’appel de Toulouse en novembre 2024, «où tout est contesté».
Cependant, dans cette affaire, la famille de Delphine Jubillar peut compter sur l’impressionnant avocat Melunais, Me Mourad Battikh. Il s’agit d’un visage loin d’être inconnu du grand public puisqu’il travaille régulièrement sur des affaires «médiatisées», dont le procès de Pierre Palmade, la disparition de Leslie Hoorelbeke et Kevin Trompat ou encore le meurtre de Sihem Belouamia.
La famille attend des «débats» sereins
C’est dans les locaux de son cabinet, situé dans le 17e arrondissement de Paris à proximité des Champs-Elysées, que le jeune avocat a reçu CNEWS. Et celui qui a remporté le concours d’avocat du premier coup avant de prêter serment en 2018 au barreau de Paris a accepté de répondre à nos nombreuses questions entourant l’affaire Jubillar.
Il fallait attendre plus de quatre ans pour qu’un procès se tienne dans ce dossier. Et pour Me Mourad Battikh, ce procès représente une sorte d’espoir pour la famille de Delphine Jubillar pour que toute la lumière soit faite sur la mystérieuse disparition de la jeune infirmière et mère de deux enfants.
«Mes clients espèrent que ce procès fera enfin la lumière sur les circonstances précises du meurtre de Delphine. Ils attendent également que les débats puissent se dérouler le plus sereinement possible», nous dit l’avocat de la partie civile.
Aujourd’hui, les investigations sont quasiment terminées. Néanmoins, et même si Cédric Jubillar a clamé son innocence à plusieurs reprises, les enquêteurs ont la conviction que le peintre-plaquiste a tué son épouse, alors qu’elle venait de lui annoncer son intention de divorcer. Mais que se passerait-il si, d’ici et jusqu’au procès, un nouvel élément venait d’être découvert ?
Selon Me Mourad Battikh, «les investigations sont désormais terminées mais si un nouvel élément déterminant devait émerger alors nous en serions avertis au même titre que les autres parties au dossier».
Il existe néanmoins suffisamment d’éléments qui seraient de nature à établir la culpabilité de Cédric Jubillar
Comme indiqué auparavant, dans ce dossier complexe, aucun corps n’a été retrouvé, aucun témoin ne s’est signalé et aucune scène de crime n’a été constatée. Pour autant, Me Mourad Battikh reste confiant, estimant que «l’absence de découverte du corps de Delphine est évidemment un argument utilisé pour affaiblir l’accusation».
«Il existe néanmoins suffisamment d’éléments qui seraient de nature à établir la culpabilité de Cédric Jubillar devant une Cour d’assises, comme l’a considéré la chambre de l’instruction de Toulouse dans son arrêt de mise en accusation», a rappelé l’avocat de la famille de la victime.
Mais la non-découverte du corps pourra-t-elle avoir un impact sur la peine qui pourrait être prononcée à l’encontre de Cédric Jubillar s’il est reconnu coupable ? Pour Me Mourad Battikh, «si Cédric Jubillar devait être reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, l’absence de corps ne devrait avoir aucune conséquence sur la peine prononcée».
À noter également que du côté de la défense, cette dernière ne devrait pas se pourvoir en cassation. Elle a assuré, toutefois, persévérer dans sa quête d’une remise en liberté de Cédric Jubillar avant le procès, alors qu’une dizaine de demandes ont été rejetées durant l’instruction.