Alors qu’Amazon a été désigné partenaire officiel du salon du livre pour cette édition 2026, le syndicat de la librairie française choisit de se retirer de l’événement, qualifiant le géant de l’e-commerce de «risque majeur» pour les libraires.
Le Syndicat de la librairie française (SLF) ne participera pas à l’édition 2026 du Salon du livre de Paris, qui se déroulera du 17 au 19 avril, a-t-il annoncé ce lundi 2 mars. Les raisons ? Le syndicat s’oppose au partenariat entre le festival et Amazon.
«Amazon n’est pas un ami du livre» , écrit dans un communiqué l’organisation professionnelle des libraires indépendants, pour qui «il constitue, par sa puissance et ses visées prédatrices et hégémoniques, un risque majeur pour les auteurs et autrices, les éditeurs, éditrices et les libraires».
«Il paraît donc irresponsable, au nom d’intérêts financiers de court terme, d’offrir à Amazon une telle visibilité et honorabilité à l’occasion d’une manifestation qui se veut la vitrine de la création et de l’édition françaises», ajoute l’organisme qui regroupe près de 850 librairies en France.
Il incite «toutes les libraires, les professionnels du livre et les lecteurs sensibles à la préservation du livre et de son économie à en faire de même».
Amazon, l’ennemi des librairies
Entre Amazon et le secteur de la librairie en France, les tensions sont vives, notamment autour de l’interprétation d’une loi qui, depuis octobre 2023, impose des frais de port de 3 euros minimum pour toute expédition de livres neufs. Amazon France estime notamment que cette disposition lui permet de livrer gratuitement dans ses casiers («lockers»), tandis que les représentants du secteur considèrent que le géant essaye de contourner la loi.
Le groupe américain avait annoncé début février qu’il serait «partenaire» du Salon du livre de Paris, fort de ses «25 ans au service des lecteurs et des livres en France».
Le Salon du livre de Paris, qui se tiendra à nouveau au sein du Grand Palais, avait accueilli 114.000 visiteurs en 2025. Quelque 1.200 autrices et auteurs seront présents, ainsi que 450 maisons d’édition.
![La maison d'édition Fayard dépend du groupe Hachette Livre, filiale du groupe Lagardère dont l’actionnaire majoritaire est Vivendi, propriété de Vincent Bolloré. [Capture d'écran / Instagram @rexachjose] «Un risque majeur pour les auteurs» : opposé au partenariat avec Amazon, le Syndicat de la...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/capture_d_e_cran_2025-04-13_a_10.51.17-taille1200_67fb7b3b7c036.jpg?itok=TZEzlmZT)