«On ne peut pas entrer sur le court en pensant qu’il est invincible» : Carlos Alcaraz est-il le…

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By InfoHunter


Brillant à Doha, Carlos Alcaraz s’est offert un 26e titre en carrière et une 12e victoire en 2026. Un millésime lancé tambour battant, alors que personne ne semble en capacité de freiner le joueur, pas même Jannik Sinner. A seulement 22 ans, le Murcien redéfinit à chaque sortie les standards du tennis.

«N’allez pas croire que je suis parfait». En mai 2023, dans les colonnes de l’Équipe, la phrase tombait avec simplicité, presque à contre-courant du phénomène qu’il est depuis devenu. Trois ans après, ces mots prêtent à sourire tant Carlos Alcaraz redéfinit à chaque rencontre les limites du tennis moderne. Comme à Doha, où le gamin d’El Palmar a concassé en 50 petites minutes (6e finale la plus courte du circuit ATP au 21e siècle) un Arthur Fils désabusé par la verve offensive du numéro 1 mondial.

Dans la chaleur du Qatar, l’ogre espagnol s’est adjugé un 26e titre en carrière, une 30e victoire consécutive sur dur extérieur. Vertigineux. Un adjectif qui sied parfaitement au désormais septuple vainqueur en Grand Chelem, lui qui a rempli un peu plus son armoire à trophée en janvier après son sacre à Melbourne. «Je sais que j’écris l’histoire», observait sobrement l’Espagnol après sa victoire face à Novak Djokovic (2-6, 6-2, 6-3, 7-5).

En ce début d’année, le refrain semble inlassable et presque inquiétant pour l’attractivité de la petite balle jaune : qui pour stopper Carlos Alcaraz, toujours invaincu en 2026 (12-0) ? La nouvelle génération ? Encore trop tendre. L’ancienne Next Gen ? Dépassée. Zverev, Tsitsipas, Medvedev… Les incontournables d’hier sont devenus les non conviés d’aujourd’hui. Même Novak Djokovic, dont la carrière le précède, marque le pas. Seul Jannik Sinner donne l’impression de pouvoir, à certains moments, briser l’armure espagnole.

L’herbe, la terre, le dur… Histoire d’une démesure

Il faut dire que le Murcien a atteint une quasi-plénitude dans son tennis. Et ce ne sont pas ses adversaires qui diront le contraire. En premier lieu, Andrey Rublev, défait par l’Espagnol en demi-finale de Doha.

«On ne peut pas entrer sur le court en pensant qu’il est invincible. Vous devez respecter Carlos et tous les autres adversaires, mais en même temps, vous devez croire en vous et penser que vous pouvez gagner. Si vous n’y croyez pas, mieux vaut ne pas entrer sur le court », a déclaré le 18e joueur mondial à Marca, conscient de la marche à gravir quand s’élève la montagne Alcaraz. «Il est possible que beaucoup de mes rivaux me voient ainsi», a rétorqué le numéro 1 mondial.

Carlos Alcaraz et le Grand Chelem en carrière, ce n’était donc qu’une question de temps. L’herbe, la terre, le dur, mais encore ? Aucune surface ne pose de limites à son jeu hybride. Les chiffres consacrent eux aussi sa maestria. L’histoire lui tend les bras et il est prêt à la faire danser. Il est déjà le monarque absolu du cinquième set, ce territoire lointain qui distingue les grands des géants et qu’il a conquis quinze fois sur seize.

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Et le Grand Chelem ? Son taux de réussite dans l’exercice (87,5%, 91v. – 13d.) est extravagant pour un minot de 22 ans. Cinq années seulement après ses premiers pas en Grand Chelem, il est déjà un monument. Si sa carrière s’arrêtait demain, il serait quand même l’un des plus grands, dans le top 10 des plus gros pourvoyeurs de Majeurs, et l’homme le plus précoce de tous les temps.

La synthèse parfaite du Big 3 ?

Formé par Juan Carlos Ferrero, il a appris la rigueur avant la flamboyance. Mais l’élève n’a pas simplement prolongé une tradition espagnole : il l’a hybridée. On devine, en filigrane, la combativité tellurique de Rafael Nadal, la maîtrise stratégique de Novak Djokovic, l’élégance offensive de Roger Federer, sans jamais verser dans l’imitation.

Alcaraz n’emprunte pas, il synthétise. A l’image de son récent changement au service dont les traits ressemblent fortement à ceux d’un certain Novak Djokovic. Et dans cette synthèse surgit une identité : un tennis de l’instant total, où chaque point est joué comme s’il contenait le match entier. «Les gens ont dit qu’il y avait un peu de Roger, Rafa et moi dans son jeu et je suis plutôt d’accord avec ça», abondait Novak Djokovic.

«On ne peut pas entrer sur le court en pensant qu’il est invincible» : Carlos Alcaraz est-il le...
Carlos Alcaraz vainqueur de Novak Djokovic en finale de Wimbledon 2023 (© Corinne Dubreuil/ Icon Sport).

«En fait, je pense qu’il réunit le meilleur de nous trois. Il a la combativité et cette mentalité de ‘taureau espagnol’ de Rafa. Il a des revers en bout de course que je trouve un peu similaires aux miens. Pour être honnête, je n’ai jamais joué un joueur comme lui. Roger et Rafa avaient leurs forces et leurs faiblesses. Carlos, lui, est très complet», poursuivait le Serbe au sortir de la finale de Wimbledon 2023 perdue face à ce diable d’Alcaraz. Un concert de louanges qui vous place un homme.

L’aboutissement du joueur moderne

Mais qu’est-ce qu’un «joueur ultime» ? Le plus complet ? Le plus dominant ? Le plus inspirant ? Sur le circuit ATP, la notion a toujours été mouvante. Chaque époque croit toucher le sommet… jusqu’à l’apparition du suivant.

Carlos Alcaraz, lui, donne une sensation particulière : celle d’un tennis libéré de ses propres limites. Il joue vite, mais pense juste. Il prend des risques, mais sans imprudence. Est-il déjà le joueur ultime ? Peut-être pas. L’ultime, par définition, appartient au temps long, aux carrières qui s’étirent, aux records qui résistent, aux rivalités qui sculptent une légende. Il est pour l’heure, et à n’en pas douter, la version la plus complète et la plus excitante du tennis actuel. Celle où la puissance, la créativité et l’audace ne s’opposent plus.

Carlos Alcaraz est devenu le plus jeune joueur à remporter les quatre tournois du Grand Chelem.
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C’est donc en pleine confiance que Carlos Alcaraz va se rendre aux États-Unis pour disputer début mars le premier Masters 1000 de la saison, Indian Wells, après une semaine de repos bien méritée. L’occasion pour l’ogre de Murcie de s’afférer sur le green californien. «Je ne sais pas si je m’entraînerai plus pour le golf que pour le tennis, mais je vais certainement passer quelques heures sur le green», a-t-il expliqué en rigolant.

Ses rivaux n’ont plus qu’à espérer qu’il oublie de se présenter sur les courts, pris de passion pour la petite balle blanche.

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