La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé ce vendredi que l’Union européenne allait appliquer de façon provisoire l’accord commercial avec les pays du Mercosur, en dépit des fortes réserves exprimées par la France.
Une annonce qui devrait susciter l’ire des agriculteurs français. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé vendredi que l’Union européenne allait appliquer de façon provisoire l’accord commercial avec les pays du Mercosur, en dépit des fortes réserves exprimées par la France.
In January, the European Council empowered the Commission to provisionally apply the Agreement
as from the first ratification by a Mercosur country.
Over the last weeks, I have discussed this intensively with Member States and the EP.
On that basis, the Commission will now… pic.twitter.com/1gs5XMkPkZ— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) February 27, 2026
«Au cours des dernières semaines, j’ai échangé sur cette question de manière approfondie avec les Etats membres et les élus du Parlement européen. Sur cette base, la Commission va désormais procéder à l’application provisoire», a-t-elle déclaré lors d’une courte allocution à la presse.
Les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne ont signé mi-janvier ce traité créant l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde. Cet accord doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains. Pour ses détracteurs, cela va toutefois bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.
L’application de ce traité, vivement dénoncé par certains agriculteurs, notamment en France, avait été suspendue après un vote d’eurodéputés. Ces élus avaient saisi la justice de l’UE afin de vérifier que l’accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay était bien conforme aux traités européens. La Commission européenne avait toutefois la possibilité d’appliquer l’accord de façon temporaire, après sa ratification par de premiers pays du Mercosur, ce que l’Argentine et l’Uruguay ont fait jeudi.
Une décision «très préjudiciable» selon la ministre française de l’Agriculture
La ministre française de l’Agriculture Annie Genevard a déclaré vendredi «regretter» la décision «très préjudiciable» de l’Union européenne d’appliquer provisoirement l’accord avec le Mercosur.
«C’est une décision que je regrette», a-t-elle affirmé à la presse au Salon de l’Agriculture, estimant que «ce n’est pas conforme au respect qui aurait dû prévaloir de la décision du Parlement européen».
Elle a dénoncé une application provisoire, annoncée vendredi par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, «très préjudiciable au regard du fonctionnement de nos institutions et surtout de l’esprit de nos institutions européennes».
«Le choix du mépris à l’égard du monde agricole»
«En pleine semaine du Salon international de l’agriculture, Ursula von der Leyen choisit de passer en force», a dénoncé l’eurodéputée française Céline Imart après l’annonce de la présidente de la Commission européenne.
«En déclenchant l’application provisoire de l’accord Mercosur sans attendre l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne, pourtant voté par le Parlement européen, la Commission européenne fait le choix du mépris à l’égard du monde agricole», a-t-elle martelé.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait averti fin janvier qu’une application provisoire de ce traité de libre-échange constituerait «une forme de viol démocratique».
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