Jean-Luc Mélenchon était à Lyon ce jeudi soir pour un meeting de campagne. Lors de son discours, le leader de la France insoumise a ironisé sur le nom du pédocriminel américain Jeffrey Epstein, s’attirant l’ire des politiques.
La polémique de trop pour l’insoumis ? En ironisant sur la prononciation du pédocriminel américain, de confession juive, Jeffrey Epstein, lors d’un meeting à Lyon ce jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon s’est attiré les foudres de la classe politique française, qui dénonce une sortie antisémite.
Parmi les premiers à avoir réagi à la séquence, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Yonathan Arfi.
N’en déplaise à JL Melenchon, um élève de 5ème sait qu’en anglais, « Epstein » se prononce « Epstine ». Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine.
Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents… https://t.co/HRBJN9JCIK— Yonathan Arfi (@Yonathan_Arfi) February 26, 2026
«N’en déplaise à J.-L. Mélenchon, un élève de 5e sait qu’en anglais, “Epstein” se prononce “Epstine”. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine. Voir dans cette prononciation une manipulation relève d’un délire complotiste aux relents antisémites», a-t-il dénoncé sur X.
De son côté, la ministre de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, Aurore Bergé, a fortement dénoncé les propos de l’insoumis appelant à faire barrage à LFI aux municipales.
Je l’ai dit et je le redis.
Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres : L-F-I.
Face à LFI, il n’y a qu’une seule attitude possible : le combat.
Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites. https://t.co/U9Trlpzhv1— Aurore Bergé (@auroreberge) February 26, 2026
«Je l’ai dit et je le redis. Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres : L-F-I. Face à LFI, il n’y a qu’une seule attitude possible : le combat. Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites», a-t-elle déclaré sur X.
Le ministre de l’Intérieur a lui aussi condamné les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon. «Ce sont des propos abjects, il se défend de leur caractère antisémite, je crois qu’il joue sur l’ambiguïté et c’est une ambiguïté qui n’en est pas vraiment une», a déclaré Laurent Nuñez devant la presse lors d’un déplacement à Angers.
«Dans la ville de Jean Moulin, de Robert Badinter, où les milices de la collaboration ont livré tant de Juifs aux camps de la mort, comment peut-on tomber dans cette fange sans honte et sans déshonneur ?», a interrogé l’ancien ministre Bernard Cazeneuve.
Toutes les limites ont été franchies par Jean-Luc Mélenchon.
Toutes.
L’antisémitisme est une monstruosité.
En user est une honte.
À vomir.pic.twitter.com/lN24kvIXAo— Gabriel Attal (@GabrielAttal) February 27, 2026
De son côté, le député Renaissance et ancien Premier ministre Gabriel Attal a estimé que «toutes les limites ont été franchies par Jean-Luc Mélenchon. Toutes. L’antisémitisme est une monstruosité. En user est une honte. A vomir.»
«Ceci n’est pas un dérapage, ceci est une stratégie», a estimé pour sa part Valérie Pécresse, ajoutant : «Le sujet est plus que jamais posé au reste de la gauche : rompre avec Jean-Luc Mélenchon. Rompre vraiment. Rompre définitivement !»
La gauche traditionnelle très critique
Alors que leurs partis sont encore alliés dans l’Hémicycle et au sein de certaines listes pour les municipales, la Secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier a haussé le ton. «Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant», a-t-elle martelé.
Non mais ça va pas non !
Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien.
Ça suffit maintenant. pic.twitter.com/j4CLfAi2yF— Marine Tondelier (@marinetondelier) February 27, 2026
«Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux», a commenté de son côté le socialiste Olivier Faure.
Faire rire une salle en jouant sur le « Stein » de Epstein comme Mélenchon, poser juif=sioniste=génocidaire=nazi comme Hassan, cibler les « dragons célestes » comme Guiraud,…: cela fait système. Et cela s’appelle de l’antisémitisme.
Arrêtons de nous étonner. Et combattons-les.— Raphael Glucksmann (@rglucks1) February 27, 2026
«Faire rire une salle en jouant sur le «Stein» de Epstein comme Mélenchon, poser juif = sioniste = génocidaire = nazi comme Hassan, cibler les «dragons célestes» comme Guiraud,…: cela fait système. Et cela s’appelle de l’antisémitisme. Arrêtons de nous étonner. Et combattons-les», a dénoncé le député européen Raphaël Glucksmann.
Candidat de la gauche unie (hors LFI) à Paris, Emmanuel Grégoire, a vilipendé l’insoumis : «Avec sa sortie sur la prononciation d’Epstein, Jean-Luc Mélenchon franchit une nouvelle étape qui glace le sang.»
Avec sa sortie sur la prononciation d’Epstein, Jean-Luc Mélenchon franchit une nouvelle étape qui glace le sang.
Quand on ne peut plus prendre la parole sans convoquer des sous-entendus qui réactivent des imaginaires antisémites nauséabonds, l’excuse d’une maladresse ne tient… pic.twitter.com/KosbbKDGrD— Emmanuel Grégoire (@egregoire) February 27, 2026
«Quand on ne peut plus prendre la parole sans convoquer des sous-entendus qui réactivent des imaginaires antisémites nauséabonds, l’excuse d’une maladresse ne tient pas : c’est une stratégie assumée», a-t-il ajouté, estimant que «l’antisémitisme est un poison».
Les insoumis soudés derrière Jean-Luc Mélenchon
Si une large majorité de la classe politique a dénoncé les propos de Jean-Luc Mélenchon, ce dernier a pu compter sur le soutien de ses élus. En premier lieu, le député Paul Vannier, qui a défendu sur X le triple candidat à la présidentielle.
Vite, un tweet de Faure et Tondelier pour dénoncer ces journalistes !
Si le discours de Mélenchon vous intéresse, écoutez le parler de Louis IX et de Jean Moulin. Vous apprendrez d’où vient notre engagement contre l’antisémitisme.
Honte à vous. Retournez à vos combines et… pic.twitter.com/jf3w6xrLSw— Paul Vannier (@PaulVannierFI) February 27, 2026
«Si le discours de Mélenchon vous intéresse, écoutez-le parler de Louis IX et de Jean Moulin. Vous apprendrez d’où vient notre engagement contre l’antisémitisme. Honte à vous. Retournez à vos combines et lâchez-nous», a-t-il déclaré.
Candidate insoumise à la mairie de Paris, Sophia Chikirou a déploré les réactions en chaîne au discours de Jean-Luc Mélenchon.
Toute la presse, depuis des semaines, écrit sur la prononciation surprenante adoptée par certains dans les médias du nom Epstein.
Mais quand @JLMelenchon s’en amuse, rien ne va plus. Pourtant, quand il prononce TrUmp (et non treump), on en rit.
Les mêmes qui voient des… pic.twitter.com/qJ4mEidG57— Sophia Chikirou (@chikirouparis) February 27, 2026
«Toute la presse, depuis des semaines, écrit sur la prononciation surprenante adoptée par certains dans les médias du nom Epstein. Mais quand Jean-Luc Melenchon s’en amuse, rien ne va plus. Pourtant, quand il prononce TrUmp (et non treump), on en rit. Les mêmes qui voient des antisémites partout, ne voient de fascistes nulle part»,a-t-elle dénoncé.
De son côté, le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard a regretté une «cabale contre les insoumis». Sur X, il a ainsi déclaré : «Dégoût de voir ces attaques nauséabondes et de voir ceux qui s’y engouffrent (…) Ils auraient pu d’ailleurs rappeler que les insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisation antisémites de l’affaire Epstein.»
Tout à leur cabale contre les insoumis, les voilà maintenant à nous accuser d’antisémitisme pour avoir dénoncé la manière avec laquelle une partie de la classe médiatique veut faire d’Epstein un agent russe pour masquer les complicités dont il a pu bénéficier en France.
Dégoût…— Manuel Bompard (@mbompard) February 27, 2026
«Notre camp est celui de l’égalité des êtres humains et du refus absolu de toutes les formes de racisme et d’antisémitisme. Foutez-nous la paix et retourner à vos petites combines pourries pour tenter de faire de la France insoumise l’ennemi public numéro 1», a-t-il martelé.
Le principal intéressé a réagi à la polémique, tentant d’y apporter une conclusion. «J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec « Epstine » un nom pour « russifier » le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme», a-t-il estimé.
«La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes à tous propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI», a ajouté le leader insoumis.
![[OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP] «Relents antisémites», «pas une voix pour ces antisémites», «ça suffit maintenant»… Les...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_994h3jf_69a164998579d.jpg?h=b8494eb7&itok=mtzVk93Y)