En meeting jeudi soir à Lyon, Jean-Luc Mélenchon a évoqué l’affaire Epstein en jouant sur la prononciation du nom du pédocriminel américain, de confession juive. Une sortie qui a provoqué l’ire de la classe politique, au premier rang duquel Aurore Bergé qui a accusé le leader insoumis d’antisémitisme.
Une sortie aux relents nauséabonds. Alors que LFI est tancée par l’ensemble de la classe politique de prendre ses distances avec le mouvement de la Jeune Garde après la mort du militant Quentin Deranque, une nouvelle polémique enfle depuis jeudi soir après des propos de Jean-Luc Mélenchon. Venu prêter main-forte à la tête de liste LFI, Anaïs Belouassa-Cherifi, à Lyon, le leader insoumis a tenu un meeting dans la capitale des Gaules. L’occasion pour le Jean-Luc Mélenchon d’évoquer le supposé silence médiatique sur l’affaire Esptein.
Évoquant le travail d’investigation de journalistes de France Info dans les affaires judiciaires, Jean-Luc Mélenchon a déploré le supposé non-respect du «secret de l’instruction». «Sauf s’il s’agit de l’affaire Epstein», s’est-il repris aussitôt, en appuyant sur la fin du patronyme du financier.
«Ah… je voulais dire Epstine, pardon, ça fait plus russe, Epstine. Alors maintenant vous direz Epstine au lieu d’Epstein, « Frankenstine » au lieu de Frankenstein ! Eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire. Vous pouvez tous progresser», a lancé le triple candidat à la présidentielle.
La classe politique vent debout
Une sortie qui a provoqué l’iredu président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Yonathan Arfi : «N’en déplaise à J.-L. Mélenchon, un élève de 5e sait qu’en anglais, “Epstein” se prononce “Epstine”. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine. Voir dans cette prononciation une manipulation relève d’un délire complotiste aux relents antisémites. Quelle que soit la prononciation, Mélenchon reste un synonyme de l’indignité politique», a-t-il lancé.
N’en déplaise à JL Melenchon, um élève de 5ème sait qu’en anglais, « Epstein » se prononce « Epstine ». Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine.
Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents… https://t.co/HRBJN9JCIK— Yonathan Arfi (@Yonathan_Arfi) February 26, 2026
«En France, la prononciation en -ein renvoie souvent à la judéité. Dans son passage contre France Info, Mélenchon a critiqué les médias qui ne prononcent plus Epstein en -ein. Maintenant vous voyez ? Oui, c’est surréaliste et nauséabond», a expliqué sur X la journaliste et spécialiste de littérature française Marianna Perebenesiuk. Une précision loin d’être anodine en l’espèce, puisque Jeffrey Epstein était de confession juive.
«Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres : L-F-I»
Aurore Bergé,ministre de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, n’a pas tardé à réagir :«Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres : L-F-I. Face à LFI, il n’y a qu’une seule attitude possible : le combat. Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites», a abondé la macroniste.
Je l’ai dit et je le redis.
Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres : L-F-I.
Face à LFI, il n’y a qu’une seule attitude possible : le combat.
Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites. https://t.co/U9Trlpzhv1— Aurore Bergé (@auroreberge) February 26, 2026
Pour le député RN Matthias Renault, il s’agit d’un «dérapage antisémite calculé de Jean-Luc Mélenchon».
Même son de cloche du côté gauche de l’échiquier politique. La cheffe de file des Ecologistes a déclaré sur X que «rien ne va» dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, avant de lancer «ça suffit maintenant».
Non mais ça va pas non !
Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien.
Ça suffit maintenant. pic.twitter.com/j4CLfAi2yF— Marine Tondelier (@marinetondelier) February 27, 2026
«Depuis combien de décennies un responsable politique n’avait-il fait rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine ? Ça n’a plus rien à voir avec Gaza. Ça n’a à voir qu’avec l’antisémitisme le plus terrifiant», s’est indignée la sénatrice PS Laurence Rossignol.
En réponse, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une «consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme». Et d’ajouter : «La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes à tous propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI»
J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec « Epstine » un nom pour « russifier » le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme.
Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent… pic.twitter.com/LJmMPl8MU6— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) February 27, 2026
![«Leur formation ne prévoit pas qu'on tue», a plaidé le triple candidat à la présidentielle. [OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP] «Dire Epstine, pas Epstein...» : Jean-Luc Mélenchon accusé d'antisémitisme après une sortie sur...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_994b8wy-taille1200_69a12a6378044.jpg?h=87a752f9&itok=CO_JH6Tq)