A l’issue d’une troisième session de pourparlers entre les représentants américains et leurs homologues iraniens à Genève ce jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a évoqué «de très bons progrès» tout en annonçant un prochain cycle de négociations «dans moins d’une semaine».
«Des progrès significatifs» sur le plan de la diplomatie. Des représentants iraniens et américains se sont réunis ce jeudi au sein de la résidence de l’ambassadeur d’Oman, près de Genève, à l’occasion d’une troisième session de pourparlers au sujet de l’épineux sujet du nucléaire iranien.
«Nous avons fait de très bons progrès et abordé très sérieusement les éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la télévision d’État.
«Il a (…) été décidé que le prochain cycle de négociations se tiendrait très bientôt, peut-être dans moins d’une semaine», a-t-il ajouté.
Le médiateur omanais a également parlé «de progrès significatifs», via son chef de la diplomatie Badr al-Busaidi. Des discussions «entre équipes techniques» se tiendront au préalable lundi à Vienne en Autriche, avec «l’aide d’experts» de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le nucléaire iranien dans le viseur
Washington veut arracher un accord empêchant notamment l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une crainte des Occidentaux alimentant de longue date les tensions avec Téhéran. La République islamique dément nourrir de telles ambitions mais campe sur son «droit» au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Autre sujet de discorde : Washington exige d’aborder la question du programme balistique iranien, ce qu’exclut l’Iran, dont la diplomatie a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu.
Dans son discours sur l’état de l’Union, le président américain Donald Trump a accusé mardi l’Iran de disposer de «missiles qui peuvent menacer l’Europe» et les bases militaires américaines, et d’œuvrer à en concevoir des plus puissants, capables «d’atteindre bientôt les Etats-Unis».
Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a dénoncé de «gros mensonges». L’Iran dispose d’un large arsenal conçu localement, incluant des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et des pays d’Europe orientale.
Un ultimatum lancé par Donald Trump le 19 février
Ces pourparlers apparaissent comme ceux de la dernière chance pour éviter une confrontation militaire après un déploiement américain massif au Moyen-Orient. Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de «10 à 15 jours» pour décider si un accord avec Téhéran était possible ou s’il allait recourir à la force.
Les deux pays ennemis ont renoué le dialogue le 6 février à Oman, avant de se retrouver le 17 en Suisse. De précédents pourparlers avaient été interrompus par la guerre déclenchée en juin 2025 par Israël contre l’Iran, à laquelle Washington s’était brièvement joint.
Washington compte actuellement 13 navires de guerre au Moyen-Orient. Il y a déployé deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, qui a repris la mer jeudi après un arrêt en Crète.
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