Trois hommes, dont un argentier de la présidence de la République, comparaissent ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis pour vol et recel de dizaines de pièces de porcelaine dérobées à l’Élysée.
Des pièces coûtant plusieurs milliers d’euros chacune. Ce jeudi 26 février, un argentier de la présidence de la République, son conjoint et un gardien du Louvre comparaissent devant la 23e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Les trois hommes sont en effet poursuivis pour vol et recel de dizaines de pièces de porcelaine dérobées à l’Élysée.
Les vols ont duré plusieurs mois. L’affaire a débuté à la suite de la disparition mystérieuse de vaisselle prestigieuse dressée notamment lors des grands dîners d’État. Tasses, soucoupes, assiettes en porcelaine… Le préjudice est évalué à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
L’enquête a alors rapidement ciblé un réseau de revente derrière lequel se cache un vrai connaisseur des pièces précieuses: un certain Thomas M., maître d’hôtel argentier du palais présidentiel depuis 2020. Celui-ci avait le droit de récupérer quelques objets abîmés et aurait détourné des pièces en parfait état de la Manufacture de Sèvres.
Son complice n’est autre que son partenaire antiquaire. Ce dernier se chargeait d’écouler ces pièces servant lors des dîners d’État.La rencontre avec l’acheteur, un jeune trentenaire versaillais chargé de l’accueil au musée du Louvre, s’est faite en ligne. L’avocat du receleur présumé Ghislain M., Me Xavier Autain, détaille auprès de l’AFP la méthode : «sur Facebook, il existe des tas de groupes et notamment un groupe d’amateurs de porcelaine».
«Près de 150 pièces» acquises
C’est sur cette plate-forme que le réseau a opéré. «Dans ce groupe d’amateurs de porcelaine, un jour, le conjoint de l’argentier le contacte en lui disant -vous êtes machin, moi j’ai telle pièce-», ajoute l’avocat.
Au total, le passionné a acquis «près de 150 pièces» sans se méfier du volume. Pour Me Xavier Autain, son client «est un collectionneur passionné et le collectionneur passionné n’a parfois pas la raison qui devrait continuer à l’habiter».
Le conseil compte plaider «l’aveuglement» de ce collectionneur «primo-délinquant», qui a dépensé «15.000 euros en deux ans» dans ces achats de pièces en provenance de l’Élysée.
De son côté, la Manufacture de Sèvres s’est constituée partie civile et estime le préjudice à «370.000 euros», valorisant «chaque assiette à environ 5.000 euros», selon l’avocat qui conteste cette méthode : «la Manufacture de Sèvres, qui fait l’expertise pour elle-même, puisqu’elle est partie civile et experte, ce qui est assez surprenant, dit que c’est 370.000 euros…».
L’avocat a rappelé auprès de l’AFP que des objets usagés se négocient «entre 50 et 1.500 euros» aux enchères. Aujourd’hui, «l’heure est aux regrets» pour les trois personnes impliquées, qui ont restitué les pièces. «Même ceux qui ont volé reconnaissent que c’est une connerie et qu’ils n’auraient pas dû faire ça», a conclu Me Xavier Autain l’avocat.
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