Une large réforme du système d’aide au logement va modifier la manière dont la Caisse d’allocations familiales (CAF) gère les impayés de loyer à partir du 1er janvier 2027. Ce qui va changer pour les locataire.
À partir de janvier prochain, en cas de loyers impayés, les propriétaires disposeront de plus de protection. Un versement direct de l’aide au logement est notamment prévu.
Cette évolution, portée par des décrets publiés le 12 février 2026 dans le cadre de la loi Kasbarian (aussi appelée «loi antisquat»), vise à simplifier les procédures et à sécuriser les paiements pour les bailleurs. Mais elle suscite aussi des inquiétudes chez de nombreux locataires bénéficiaires d’aides comme l’APL (Aide personnalisée au logement).
Un impayé défini de façon plus claire
Jusqu’à présent, un loyer impayé n’était officiellement reconnu que lorsqu’un cumul équivalait à deux mois de loyer (calcul complexe après la déduction de l’aide), ce qui retardait souvent les démarches.
Dès le 1er janvier 2027, un impayé sera caractérisé dès que l’un des deux critères suivants sera atteint :
- une dette locative dépassant 450 € (loyer + charges),
- trois mois consécutifs de défaut de paiement, même si le total reste inférieur à ce seuil.
Cette simplification vise à repérer plus rapidement les situations problématiques afin d’accélérer les procédures de suivi.
Des aides versées directement au propriétaire
Autre changement majeur : lorsqu’un impayé sera constaté, la CAF (ou la MSA pour les exploitants agricoles) pourra verser l’aide au logement directement au bailleur plutôt qu’au locataire. Ce mécanisme, souvent appelé tiers payant, existe déjà dans certains cas, mais il sera rendu plus facile et rapide à mobiliser à partir de 2027.
L’objectif affiché est d’éviter que les dettes locatives ne s’alourdissent et de sécuriser les revenus des propriétaires. Le bailleur devra signaler la situation dans un délai de deux mois suivant la détection de l’impayé pour que le dispositif puisse être engagé.
Maintien de l’aide mais plus d’encadrement
Contrairement à certaines idées reçues, la réforme ne supprime pas automatiquement l’aide au logement en cas d’impayé. Si le versement est redirigé vers le propriétaire, l’APL reste théoriquement due tant que le locataire remplit les conditions d’éligibilité.
Dans certains cas, elle peut même être rétablie, notamment si l’allocataire s’engage dans un plan d’apurement ou si le paiement est régularisé. De son côté, le bailleur devra s’engager à trouver une solution avec son locataire. La CAF va jusqu’à affirmer que si aucun,e recherche de solution n’est effectuée, «le versement de l’aide sera interrompu».
Accompagnement et prévention
La logique de ces mesures n’est pas seulement punitive : les réformes s’inscrivent aussi dans une démarche de prévention des expulsions locatives.
Des instances telles que la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) seront mieux intégrées pour accompagner les ménages en difficulté et proposer des solutions adaptées avant d’en arriver à des procédures judiciaires ou à la coupure définitive des aides.
![Depuis janvier 2026, les CAF utilisent une nouvelle version de cet outil, baptisée Datamining Données entrantes 2026 (DMDE 2026). [© Denis Charlet / AFP] CAF : ce qui va changer pour les locataires à partir de 2027](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_32c46k9_697663200060b.jpg?itok=M85XdUJV)