Dans un communiqué John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, a réagi après l’insulte raciste qu’il a proférée lors de la cérémonie des Bafta. Se disant «mortifié», il a tenu à souligner que ses tics ne sont pas «intentionnels».
Une tragique situation involontaire. La cérémonie des Bafta a été marquée dimanche 22 février par une insulte raciste lancée depuis le public alors que Michael B. Jordan et Delroy Lindo s’apprêtaient à remettre un prix. Souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, l’auteur de ces propos, John Davidson, qui a prononcé le «N-word», a tenu à prendre la parole. Alors que le présentateur de la cérémonie Alan Cumming, la BBC et l’académie des BAFTA se sont de leurs côtés excusés, l’homme qui a inspiré le long métrage «I Swear», a souligné ne jamais vouloir blesser intentionnellement par ses tics «involontaires», qui ne reflètent pas ses convictions personnelles.
«Outre l’annonce d’Alan Cumming, de la BBC et de la BAFTA, je peux seulement ajouter que je suis, et ai toujours été, profondément mortifié si quelqu’un considère que mes tics involontaires sont intentionnels ou ont une quelconque signification», a-t-il noté dans un communiqué cité par Variety.
Invité à participer à la cérémonie alors que le film «I Swear» campé par l’acteur Robert Aramayo raconte son histoire – celle d’un adolescent atteint du syndrome de la Tourette dans les années 1980 à une époque où cette maladie était encore méconnue -John Davidson a par ailleurs expliqué avoir «apprécié l’annonce faite dans la salle avant l’enregistrement, précisant que mes tics sont involontaires et ne reflètent en rien mes convictions personnelles. J’ai été touchée par les applaudissements qui ont suivi cette annonce et je me suis sentie accueillie et compris dans un contexte qui me serait normalement impossible.».
Notant avoir «consacré (sa) vie à soutenir et à encourager la communauté des personnes atteintes du syndrome de Gilles de La Tourette, et à promouvoir l’empathie, la bienveillance et la compréhension», il a soulignéqu’il «continuerait dans cette voie», avant d’expliquerles raisons qui l’ont poussé à quitter la cérémonie. «J’ai choisi de quitter la salle avant la fin de la cérémonie, car j’étais conscient de la détresse que mes tics causaient.».
L’association Tourettes Action réagit
John Davidson a par ailleurs reçu le soutien de l’association Tourettes Action. Dans un message publié sur ses réseaux lundi, l’association a voulu réagir aux «commentaires négatifs apparus suite aux tics vocaux involontaires de John pendant la cérémonie».
Elle a assuré comprendre «parfaitement que ces propos puissent blesser»et a tenu à «présenter ses plus sincères excuses à la communauté noire pour le préjudice causé» avant d’ajouter: «Il est cependant essentiel que le public comprenne une vérité fondamentale concernant le syndrome de Gilles de La Tourette : les tics sont involontaires», précise-telle.
«Ils ne reflètent en aucun cas les convictions, les intentions ou la personnalité d’une personne. Les personnes atteintes du syndrome de Gilles de La Tourette peuvent prononcer des mots ou des phrases qu’elles ne pensent pas, qu’elles ne cautionnent pas, et qui peuvent leur causer une grande détresse par la suite. Ces symptômes sont d’ordre neurologique, non intentionnel, et John, comme beaucoup d’autres personnes atteintes du syndrome de Gilles de La Tourette, vit avec eux au quotidien»,poursuit-elle.
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«Ce moment illustre parfaitement ce que le film «I Swear» («Plus fort que moi» en français) montre si ouvertement : l’isolement, l’incompréhension et le poids émotionnel qui accompagnent si souvent cette maladie. Les personnes atteintes du syndrome de Gilles de La Tourette gèrent constamment leur environnement physique et social ainsi que leurs symptômes. Le prix de l’incompréhension est un isolement accru, un risque plus élevé d’anxiété et de dépression, et même le suicide», souligne également l’association, invitant chacun à aller voir le film «I Swear», en salle le 1er avril prochain, pour «comprendre». Le film a valu à Robert Aramayo, le Bafta du meilleur acteur dimanche soir.
![La vie de John Davidson (à gauche), atteint du syndrome de la Tourette, a inspiré le film «I Swear». [©Carlos Jasso / Reuters] «Je suis mortifié» : John Davidson, atteint du syndrome de la Tourette, est revenu sur l’insulte...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/2026-02-21t225344z_142090862_rc2lqjaslvd9_rtrmadp_3_awards-bafta-nominees-taille1200_699c30453b5a7.jpg?h=1483d620&itok=P9FFfR9K)