«Les robots ont besoin de votre corps» : quelle est cette plate-forme qui permet aux IA…

Photo of author

By InfoHunter


Lancée début février, RentAHuman prétend permettre aux IA de louer des humains pour interagir avec le monde réel. Derrière le buzz médiatique, la plate-forme attire surtout des profils sans débouchés réels, des annonces farfelues et très peu de missions émanant réellement d’IA.

«Les robots ont besoin de votre corps». Le slogan de RentAHuman résume l’ambition affichée du site, mis en ligne début février : permettre à des agents d’intelligence artificielle de recourir à des humains pour accomplir des tâches concrètes dans le monde réel.

Compter des pigeons, tester un restaurant, récupérer un colis ou prendre des photos dans la rue. Sur rentahuman.ai, les missions proposées relèvent avant tout d’actions physiques ou sociales, difficiles à automatiser.

Des tâches simples et très humaines

Le fonctionnement se veut minimaliste : création d’un profil, mise en avant de compétences humaines, fixation d’un tarif et candidature à des annonces publiées par des «agents IA». La plate-forme revendique plus de 540.000 inscrits à l’heure actuelle.

RentAHuman est l’œuvre de deux développeurs, Alexander Liteplo et Patricia Tani. Selon le premier, le site aurait été «vibe codé», c’est-à-dire programmé avec l’aide d’une IA, en un jour et demi, a-t-il expliqué à Business Insider. Une genèse éclair qui n’a pas empêché un fort retentissement médiatique.

«Les robots ont besoin de votre corps» : quelle est cette plate-forme qui permet aux IA...
Sur le même sujet
École IA : l’intelligence artificielle est-elle devenue incontournable dans les études d’informatique ?
Lire

Parmi les profils visibles figurent des spécialistes en mathématiques, physique, informatique, immunologie ou biologie. L’un des plus consultés est celui de David Montgomery, ingénieur en IA basé à Denver. Il y met en avant des compétences en évaluation de systèmes d’IA et en programmation Python, tout en proposant aussi des services plus basiques, comme faire des courses ou prendre des photos.

«Pas beaucoup d’offres sérieuses»

Inscrit par curiosité, David Montgomery explique surtout avoir reçu des messages assimilables à du spam, souvent accompagnés de liens suspects. «On dirait qu’il n’y a pas beaucoup d’offres sérieuses dans le lot», confie-t-il auprès de Businnes Insider.

Aucune ne correspond réellement à son profil, y compris une mission promettant un dollar pour un simple «like» sur un réseau social, restée sans suite.

À ce stade, aucune annonce ne requiert de compétences avancées. Pour Chris Benner, chercheur à l’université de Californie à Santa Cruz, l’idée d’IA «patrons» relève largement du fantasme. Les agents agissent selon des instructions humaines et, au final, ce sont bien leurs propriétaires qui paient les tâches réalisées. RentAHuman ressemble donc davantage à une place de marché numérique classique.

Le lancement du site, le 2 février, a suscité un vif intérêt médiatique aux États-Unis. Forbes, Wired ou encore Nature ont évoqué un possible changement de paradigme, certains comparant le concept à un épisode de «Black Mirror». Une révolution où l’humain mettrait son corps au service de la machine.

Une expérience utilisateur décevante

L’inscription se fait en quelques minutes : identité, métier, ville, taux horaire, présentation. Moyennant 10 dollars par mois, il est même possible d’obtenir un compte certifié. Le site revendique environ 11 500 annonces. Problème, la majorité de ces annonces sont publiées par des humains, et non par des IA, vidant le concept de sa substance.

«Les robots ont besoin de votre corps» : quelle est cette plate-forme qui permet aux IA...
Sur le même sujet
James Cameron se dit «horrifié» par l’idée que l’intelligence artificielle puisse remplacer les acteurs
Lire

Le résultat est un catalogue d’offres allant de la blague au spam. Certaines relèvent de la simple publicité, d’autres cherchent des clients, un rencard pour la Saint-Valentin ou proposent des missions douteuses. On trouve aussi des annonces visiblement humoristiques comme compter des pigeons, toucher de l’herbe, donner des prénoms à des oiseaux. De rares annonces sont attribuées à des IA, comme Claude, mais elles précisent ne pas recruter.

Une fréquentation déjà en baisse

Après le buzz initial, l’activité du site semble s’essouffler. Sur une semaine, seules quelques dizaines d’annonces sont publiées, selon le NouvelObs. Pour les utilisateurs, les retours sont maigres. Quelques vues de profil, aucune mission concrète à perte de vue. L’expérience tient davantage de la curiosité que d’une réelle opportunité professionnelle.

Certaines annonces signées par le fondateur flirtent avec la provocation douteuse. Derrière l’idée séduisante pour certains d’IA louant des humains, RentAHuman apparaît surtout, pour l’instant, comme un concept mal abouti, plus médiatique que réellement innovant.

Laisser un commentaire