Tottenham et Arsenal ont rendez-vous ce dimanche 22 février (17h30), en clôture de la 27e journée de Premier League. Un 199e derby du nord de Londres qui s’annonce plus électrique que jamais. Voici pourquoi ces deux grands clubs anglais aiment tant se détester.
Une rivalité historique. Le «North London Derby», qui met aux prises Arsenal et Tottenham, fait partie des rencontres les plus attendues du football anglais. Entre ces deux géants, le différend remonte au début du XXe siècle.
Plusieurs années après avoir fondé le club d’Arsenal à Woolwich, sous le nom de Dial Square, les ouvriers de l’arsenal royal de Londres décident de délocaliser le club de l’Est de la capitale britannique au Nord. Ils font donc d’Highbury leur nouvelle maison, situé à seulement 7 km de White Hart Lane, stade emblématique de Tottenham. Cette délocalisation ne tarde pas à être considérée comme une offense par les fans du club à l’épervier, qui considéraient Highbury comme leur territoire. La rivalité est alors née.
1971 et 2004 : Arsenal remporte le titre sur la pelouse de White Hart Lane
En tant que plus proches voisins, les deux clubs se sont ainsi livrés de nombreuses batailles et le derby n’a pas tardé à représenter une date que les deux parties cochent chaque année sur leur calendrier. Mais certains événements ont participé à faire grandir les ressentiments entre les deux camps.
En 1971, Arsenal a déjà remporté sept titres de champion d’Angleterre et Tottenham deux. Les deux équipes réalisent un exercice 1970-1971 de haut vol et lors de l’ultime journée, elles sont opposées respectivement en tant que 1er et 3e du championnat. Pour l’occasion, Arsenal a donc la possibilité de remporter le titre en gagnant le match ou en obtenant un match nul 0-0. Tottenham ne peut éviter le sacre d’Arsenal en concédant une courte défaite (0-1) à domicile. Un épisode traumatisant pour les fans de l’équipe emmenée à l’époque par Martin Peters.
Plus récemment, en 2003-2004, les deux formations se sont également retrouvées dans une configuration similaire. Pire encore pour les Spurs, Arsenal espérait terminer son exercice en étant invaincu en championnat. Dans un documentaire proposé par le média du club, Thierry Henry est revenu sur l’atmosphère tendue qui entourait ce rendez-vous : «Certains membres de la sécurité nous ont rappelé, en cas de résultat synonyme de titre, de ne pas célébrer face aux supporters de Tottenham», raconte le joueur Français.

Après avoir vu ses compatriotes Patrick Vieira et Robert Pires donner l’avantage aux siens, le numéro 14 légendaire d’Arsenal a assisté au retour in extremis à égalité de Tottenham, en toute fin de rencontre, grâce à Jamie Redknapp et Robbie Keane. «Initialement, nous ne voulions pas créer de chaos face aux fans ennemis. Mais je me souviens que les joueurs de Tottenham ont célébré le match nul… Un match nul ! Mais se souvenaient-ils que nous n’avions besoin que d’un point, pour être champions, chez eux ? Je leur ai dit : « regardez-moi bien célébrer après le match »».
Listen to @ThierryHenry explain that day we won the league at WHL for the second time in 2004 after a 2-2 draw was enough to clinch the title. He made sure we celebrated properly after the final whistle 👏 #COYG#AFC#NorthLondonIsRed#GunnersApppic.twitter.com/AaVpIAyfyx
— PureFootball (@PureFootball_co) April 25, 2018
Un autre événement, extra-sportif, a contribué à mettre le feu au poudre entre les deux clubs. Au printemps 2001, l’un des plus grands joueurs de l’Histoire de Tottenham, le défenseur Sol Campbell, à qui il ne reste plus que 3 mois de contrat, est convaincu par Arsène Wenger, entraîneur d’Arsenal, de rejoindre son rival de toujours. Un transfert surprise qui créé une vague d’indignation chez les supporters des Spurs et qui a valu au «Rock» anglais un retour particulièrement âpre à White Hart Lane.
Bukayo Saka : «Marquer dans un tel match, quelque chose qui me donne le plus grand sourire»
Plusieurs années après ces affrontements mythiques, les stades ont changé, Arsenal joignant l’Emirates Stadium en 2006 et Tottenham bâtissant son Tottenham Hotspur Stadium en 2019, mais la rivalité reste intacte. En témoigne l’actuel capitaine d’Arsenal, Bukayo Saka, pour le média du club rouge et blanc : «Je me souviens plusieurs North London Derby. Quand j’avais des places avec mes amis de l’académie d’Arsenal, j’étais tellement heureux. Marquer dans un tel match, c’est quelque chose qui me donne le plus grand sourire».
Leader du championnat anglais, Arsenal comptera sur son ailier droit pour décrocher une 86e victoire face à Tottenham ce dimanche 22 février. De son côté, Tottenham, actuel 16e de Premier League, cherche à se donner de l’air et éviter la course au maintien, en cette fin de saison. Mais plus que les enjeux sportifs, ce match particulier sera l’occasion pour les deux équipes d’affirmer leur hégémonie sur le nord de Londres, comme ils cherchent à le faire depuis tant d’années.
![Arsenal fait partie des huit équipes directement qualifiés pour les 8es de finale de la Ligue des champions. [Belga / Icon Sport] Arsenal fait partie des huit équipes directement qualifiés pour les 8es de finale de la Ligue des champions.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/football_ligue_des_champions_arsenal_barrages_693acd33f3006.jpg?h=cceadef0&itok=__EfMatx)