«Il n’est pas le bienvenu ici» : au Salon de l’Agriculture, les syndicats agricoles snobent…

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By InfoHunter


​​Accueil glacial pour Emmanuel Macron au Salon de l’Agriculture. Entre boycotts, tensions syndicales et critiques ouvertes, les principales organisations agricoles affichent leurs divisions et déplacent déjà le regard vers la présidentielle de 2027, malgré les promesses de nouvelles discussions à l’Élysée.

Une édition 2026 marquée par les crises. Entre rendez-vous traditionnels, boycotts et revirements de dernière minute, les principaux syndicats agricoles ont réservé, à l’occasion de l’avant-dernière inauguration du Salon de l’Agriculture ce samedi, un accueil froid à Emmanuel Macron, illustrant les divisions profondes du monde agricole.

«Pas question de cautionner ce cirque»

«Macron n’est pas le bienvenu ici», a lancé un cadre de la Coordination rurale (CR), conseillant au président de «passer au large» de son stand. De son côté, un porte-parole de la Confédération paysanne a estimé auprès de l’AFP qu’il n’était «pas question de cautionner ce cirque».

Même la FNSEA, accusée de «cogestion» avec le gouvernement et pourtant présente au petit-déjeuner inaugural, a affirmé «n’attend[re] plus aucune vision» pour l’agriculture de la part du chef de l’État.

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L’organisation des rencontres a semblé confuse, entre projets de réunion collective puis bilatérale, dans un salon fortement sécurisé. Emmanuel Macron a finalement annoncé, avant de couper le ruban, qu’il verrait «chacun des syndicats» agricoles «qui le souhaite», appelant à éviter «un moment de division».

«Extrêmement agaçant de ne pas être considéré»

Après avoir d’abord refusé tout échange — «hors de question de s’afficher avec lui», selon son président Bertrand Venteau — la CR a finalement accepté une rencontre. Le chef de l’État lui a promis «de tenir une réunion» prochaine à l’Élysée réunissant syndicats, interprofessions et Chambres d’agriculture.

À la sortie, Bertrand Venteau a toutefois dénoncé «une énième réunion» et jugé «extrêmement agaçant de ne pas être considéré», réclamant une «accélération» de la loi d’urgence agricole.

Emmanuel Macron «responsable de cette situation de crise»

La FNSEA a ironisé sur ce revirement. «Ils découvrent que parler aux pouvoirs publics (…) ça fait partie du boulot quand on fait du syndicalisme agricole», a commenté son président Arnaud Rousseau, tout en rappelant qu’«aller chez le chef de l’État, c’est pas une fin en soi». Selon lui, l’enjeu reste les négociations européennes et la défense d’un budget agricole solide face aux concurrences «déloyales».

La Confédération paysanne, elle, estime que le président est «responsable de cette situation de crise» et a «manqué à sa parole» sur les prix planchers promis aux agriculteurs. Pour beaucoup de responsables syndicaux, l’attention se tourne désormais vers la présidentielle de 2027.

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«On attend le lancement de la « présidentielle agricole » lors de ce salon pour échanger avec les futurs candidats», a indiqué Arnaud Rousseau, tandis que la Coordination rurale distribuait ses bonnets jaunes en annonçant accueillir «tous ceux qui la soutiennent».

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