L’agression suivie de la mort de Quentin, militant nationaliste de 23 ans, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon a provoqué de multiples réactions indignées de la classe politique.
Un drame qui ravive les tensions politiques. Le parquet de Lyon a annoncé samedi le décès de Quentin, un étudiant de 23 ans qui était hospitalisé depuis jeudi dans un état grave, après une violente agression en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po.
Quentin avait été placé dans le coma, avec un pronostic vital engagé, à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon, après avoir été pris en charge «dans un état grave» jeudi en début de soirée par les secours, dans le 5e arrondissement de la ville.
«L’enquête se poursuit, elle est conduite dorénavant du chef de coups mortels aggravés, en plus des violences aggravées de réunion, d’usage d’arme, et de mis en cause dont le visage est dissimulé», a précisé le parquet dans un communiqué.
Une indignation jusqu’au plus haut sommet de l’état
Déjà indignée par le lynchage de Quentin vendredi soir, l’entièreté de l’échiquier politique s’est exprimée sur la douleur qui entoure le décès de ce garçon de 23 ans, à commencer par le chef de l’État.
À Lyon, Quentin a été victime d’un déferlement de violence inouï.
Il a perdu la vie à 23 ans seulement.
À sa famille et à ses proches, j’adresse mes pensées et le soutien de la Nation.
En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue.…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) February 14, 2026
«En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue (…) Poursuivre, traduire devant la justice et condamner les auteurs de cette ignominie est indispensable. La haine qui assassine n’a pas sa place chez nous», a ainsi indiqué Emmanuel Macron sur X.
Cette prise de position du président de la République a été rejointe par le maire de Lyon, Grégory Doucet. «Un tel déferlement de violences en plein cœur de la ville est inacceptable. Aucun désaccord politique ne peut justifier la violence. La Ville de Lyon mettra tous ses moyens à la disposition de la Justice pour appréhender les individus en cause dans la mort de Quentin», a assuré ce dernier via son service de presse.
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a également regretté le décès du jeune homme sur les réseaux sociaux.
Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie personne ne devrait mourir pour ses idées. Toutes mes pensées pour la famille de Quentin.
A la police et à l’autorité judiciaire de mener une enquête diligente et de rendre la justice. https://t.co/AtUDQm587R— Olivier Faure (@faureolivier) February 14, 2026
«Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie, personne ne devrait mourir pour ses idées. Toutes mes pensées pour la famille de Quentin. A la police et à l’autorité judiciaire de mener une enquête diligente et de rendre la justice», a tweeté le député de Seine-et-Marne.
Marine Le Pen, la présidente du groupe RN à l’Assemblée, a fait part de ses «pensées émues» et de sa «profonde compassion» à la famille de la victime.
Après s’être accroché à la vie, Quentin a rendu son dernier souffle. À sa famille et à ses proches éprouvés par cette terrible épreuve, j’adresse mes pensées émues et ma profonde compassion. À la douleur insondable de la perte d’un enfant ne doit pas succéder l’insupportable…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) February 14, 2026
«À la douleur insondable de la perte d’un enfant ne doit pas succéder l’insupportable impunité des barbares responsables de ce lynchage. Il appartiendra à la justice de juger et de condamner avec la plus grande rigueur cet acte criminel d’une violence inouïe», a ajouté cette dernière sur X.
Bruno Retailleau et Éric Ciotti ciblent l’extrême gauche
Ce samedi soir, le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a déploré l’attaque de «locaux et permanences» de son parti dans tout le pays.
Cette nuit, nos locaux et permanences ont été attaqués dans tout le pays après l’appel de Retailleau et de Le Pen qui ont couvert et répété des accusations sans aucun fondement contre les insoumis en exploitant le drame survenu à Lyon. La violence de l’extrême droite s’est déjà…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) February 14, 2026
Il a directement incriminé Bruno Retailleau et Marine Le Pen, qui ont selon «couvert et répété des accusations sans aucun fondement contre les insoumis en exploitant le drame survenu à Lyon».
Face à cette accusation, le président des Républicains, a répondu sur X en affirmant que «ce n’est pas la police qui tue en France» comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon, mais plutôt «l’extrême-gauche».
Jean-Luc Mélenchon, la mort atroce de Quentin ne doit rien au hasard : Contrairement à ce que vous prétendez, ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême-gauche. https://t.co/PJKXOVtxin
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) February 14, 2026
Dans la même lignée, le président du parti UDR et candidat aux municipales à Nice, Éric Ciotti, a pointé du doigt la responsabilité des «milices d’extrême gauche» dans cette affaire, regrettant également «le quasi silence médiatique».
Quentin est décédé. Un jeune Français, tabassé, massacré, lynché, par les milices d’extrême gauche, dans le quasi silence médiatique. Terrible reflet d’une époque devenue barbare.
— Eric Ciotti (@eciotti) February 14, 2026
«LFI ne porte aucune responsabilité»
Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a balayé ce dimanche matin toute responsabilité de son parti dans la mort de Quentin.
Je transmets mes condoléances à la famille de Quentin. Il faut que l’enquête aille à son terme.
La France insoumise ne porte aucune responsabilité. Les membres du service d’ordre n’ont eu aucun contact avec les groupuscules d’extrême droite venus perturber la conférence. pic.twitter.com/jgYHmzd1gQ— Manuel Bompard (@mbompard) February 15, 2026
«La France insoumise ne porte aucune responsabilité. Les membres du service d’ordre n’ont eu aucun contact avec les groupuscules d’extrême droite venus perturber la conférence», a assuré ce dernier sur LCI.
Dans la même lignée, Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, a assuré que son parti politique n’avait aucune responsabilité dans la mort de Quentin.
Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, après la mort de Quentin, militant nationaliste, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan : «Nous n’avons aucun rapport avec ces violences. Nous ne sommes pas impliqués», dans #LeGrandRDVpic.twitter.com/cUPddXuflQ
— (@) February 15, 2026
«On n’a aucun rapport avec ces violences (…) Nous ne sommes pas impliqués, ni de près, ni de loin, dans ce qu’il s’est passé.
![[© CNEWS] «L’extrême-gauche tue», «violence inouïe»… La classe politique s’indigne après la mort de...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/baptiste_ami_de_quentin_revient_sur_l_agression_de_son_ami_devant_l_universite_de_sciences_po_lyon-taille1200_69909ad11a90c.jpg?itok=w0viEsp9)