Les températures hivernales de plus en plus clémentes bouleversent le cycle biologique des ours. Ces grands mammifères sont susceptibles de voir leur repos saisonnier écourté.
Chaque année, la perspective d’une douceur hivernale suscite des inquiétudes. Et pour cause, si le soleil se veut plus généreux qu’à l’accoutumée, les équilibres naturels s’en trouvent bouleversés. Le cycle d’hibernation de l’ours ne fait pas exception.
Dès la saison froide venue, les ours entrent en dormance hivernale. Il ne s’agit pas d’une hibernation stricte, mais plutôt d’une période de repos. Au cours de celle-ci, les ursidés entrent dans un état de torpeur, leur température corporelle ne chutant que de quelques degrés, comme le rappellent nos confrères du journal 20Minutes.
Une prouesse métabolique survient alors : l’organisme de l’ours recycle un déchet toxique nommé l’urée pour la transformer en protéine. Cela permet au mammifère de maintenir sa masse musculaire tout au long de l’hibernation, qui peut durer entre 5 à 7 mois.
Un phénomène aux conséquences alarmantes
Seulement, la hausse des températures entraîne une perturbation de ce cycle d’hibernation. Un temps clément lors de la saison hivernale pousserait les ours à retarder leur hibernation ou à émerger de leur torpeur avant l’heure.
Aux Etats-Unis, la National Wildlife Federation (NWF) a ainsi observé un changement de comportement chez l’ours noir d’Amérique. Plusieurs études relèvent «qu’à chaque augmentation de 1 °C des températures hivernales régionales, ils restent éveillés six jours de plus en moyenne», souligne l’ONG. «D’ici le milieu du siècle, on prévoit que les ours noirs pourraient rester actifs de 15 à 39 jours de plus par an», indique encore la NWF.
Cela pourrait induire de nombreuses conséquences pour ces mammifères imposants. En émergeant plus tôt de leur hibernation, les ours pourraient se voir confronter à une pénurie alimentaire. Il est en effet plus difficile pour eux de se nourrir en hiver, leur alimentation étant constituée en grande partie de baies ou de noix.
![Ces scientifiques du Terrestrial Ecosystems Research Associates appellent à réduire drastiquement les gaz à effet de serre produits avant qu'il ne soit trop tard. [© Unsplash / Chris LeBoutillier] Le réchauffement climatique impacterait directement le cycle d’hibernation des ours](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/chris-leboutillier-tujud0awapi-unsplash-taille1200_698e022f01bd4.jpg?h=e3c27e77&itok=WKFdEszi)